Retraites : Le bal des schizophrènes

Et je crois que vous devriez aller voir un psychiatre du gouvernement ; vous êtes très malade” – P. K. Dick – Le Bal des Schizos (1972) – p. 442 Coll. Omnibus
La parole gouvernementale se déploie sur deux tons. Deux niveaux de compréhension. Le premier, mitigé, presque rassembleur évoque souvent un rattachement aux grands principes républicains. Le second s’accorde plus subtilement avec les invectives Sarkoziennes, empruntées à la révolution libérale de la campagne de 2007. La contre-réforme des retraites, symptomatique de cette pathologie politique, de ce dédoublement du langage atteste du niveau actuel de communication : une incantation aliénée.
.
Dans la bouche de F. Fillon, les paroles n’ont plus de sens. Il déclarait au quotidien Nice-Matin “Le système par répartition est au coeur de notre solidarité et de notre pacte républicain. Nous devons le sauvegarder. C’est ça, la priorité, pas de disserter sur un changement radical d’organisation du système auquel je ne crois pas”. L’homme de la faillite de la France, qui distille les peurs domestiques, celles d’un pays qui doit être géré comme une entreprise ou une famille, enfile ses hardes du « grand forestier »* pour soumettre le pays au désir impérieux des marchés. Pour la besogne, il se réfère aux fondements de la cohésion nationale en souhaitant ardemment garder le système de répartition, un acquis d’après-guerre. Mais dans le même temps supprimer par petits morceaux ce même système en augmentant la durée de cotisation, et en repoussant l’âge de départ légal à la retraite. Conserver tout en détruisant. La reptation peut commencer. Une tâche dévouée au cauchemardesque E. Woerth, petit comptable de Province et idéologue de classe, qui doctement expose les choix courageux et rationnels du gouvernement. Il proposait sur RTL “L’allongement du temps de travail, quand vous vivez plus longtemps, vous devez passer plus de temps au travail (…) L’âge légal de 60 ans est évidemment en débat, il ne faut pas avoir de tabou dans ce type de sujet”.  Une atmosphère de paranoïa peu propice à un débat sérieux. Car augmenter les durées de cotisations, compte tenu de l’âge de cessation d’activité moyen des Français (58,8 ans), entraîne mécaniquement une baisse des pensions. Une aubaine pour les sociétés d’assurances qui rêvent de jouer au casino avec les deniers des frustrés de la redistribution. Car finalement, la manœuvre consiste à aiguiller les Français vers la capitalisation, voire le boursicotage. Pourtant, on continue d’affirmer que la pérennité du système, largement plébiscité dans les études (dit-on), constitue l’objectif du gouvernement. Insensé.
.
Les psychopathes de la dette continuent de ressasser les mêmes rengaines sur le système social trop dispendieux. Si l’âge de départ moyen à la retraite est de 61,5 ans, il est souvent précédé d’une période d’inactivité (chômage, maladie). Plus de deux années et demie (entre l’âge de cessation d’activité et l’âge de liquidation de la retraite), qui pèsent sur les comptes sociaux.
L. Parisot, l’amnésique de l’UIMM déclarait au détour d’un délire “Il faut changer l’âge légal de départ à la retraite […] L’espérance de vie approche les 100 ans , […]”. Comme C. allègre, elle s’amuse (avec les statisticiens du MEDEF) à gribouiller des courbes d’espérance de vie, en spéculant sur une progression linéaire. Elle oublie que l’espérance de vie en bonne santé est estimée à 64,2 ans pour les femmes et à 63,1 ans pour les hommes (source INSEE). La patronne du patronat oublie surtout d’intégrer dans son équation d’espérance de vie ses propres variables, c’est-à-dire un allongement de la durée du travail. Car l’accroissement de l’espérance de vie est aussi dû aux constants progrès des conditions sociales. Le MEDEF par son dictaphone l’UMP semble aborder la question hors de toute contingence sociale. Un pur délire scientisto-mécaniste où le progrès se réduit à la capacité de l’homme à produire rationnellement les éléments nécessaires à sa survie. Les conditions d’existence (physiques et psychologiques) reléguées au second plan ou simplement oblitérées. Beaucoup plus simple.
.
Grâce à E. Woerth, F. Fillon ou L. Parisot la frontière entre le progrès et la régression est devenue si ténue qu’on ne distingue plus la différence entre un projet de classe, un projet de société, la mise en coupe réglée de la classe moyenne pour la calibrer aux impératifs de production, ou plus vulgairement la perte intégrale de repères sociaux. La lévitation dans des sphères hors du sens commun. Atteint de bipolarité aiguë, le gouvernement met sur les rails un projet d’allongement de la durée du travail, soufflé par une organisation patronale le souhaitant vivement. Qui dans le même temps en son sein, par ses pratiques quotidiennes (le MEDEF) met littéralement à la casse des salariés de plus de 50 ans. Les économistes, plutôt que de pointer des contradictions internes au même sujet, divaguent sur la relativité de l’âge de la retraite. Au comble de l’aphasie, ils estiment que l’allongement de l’âge de départ rajeunirait les seniors au sein des entreprises. Un monde de dingues…
.
*Croque mitaine dans « Sur les falaises de marbres » E. Jünger
.

[tweetmeme source= « Vogelsong »]

Vogelsong – 10 juin 2010 – Paris
Publicités

26 réflexions sur “Retraites : Le bal des schizophrènes

  1. Pingback: Tweets that mention Retraites : Le bal des schizophrènes « Piratage(s) -- Topsy.com

  2. Pour ma part, je penche pour l’annihilation de la classe moyenne et la perte de tout repère social, effectivement. Ce gouvernement dit des choses et fait exactement le contraire. Encore MAM ce matin sur Inter sur le sujet de la Justice…mais non, je ne vais pas en parler.
    Il me semble qu’il y avait un terme qui décrivait très exactement ce type de comportement/processus (mais j’ai oublié lequel, tu me rafraichiras surement la mémoire) et qui était très exactement documenté par K. Dick (le maitre du haut-chateau ? ubik ? à moins que ce n’ait été Burroughs? ou la Stasi ?…brefle)
    Et quand tu entends que pour l’UMP, 11000€, c’est le salaire d’un cadre moyen….cela se passe de commentaire ! nous ne vivons pas dans le même monde (ceci explique pê cela d’ailleurs !)
    La seule question qui vaille finalement, c’est : laisserons-nous massacrer notre système sans rien dire tant la désinformation est reine, ou y aura-t-il un semblant de sursaut citoyen ?
    Merci pour ce billet !

    J'aime

  3. Billet très intéressant et documenté. Comme souvent.
    J’ai particulièrement apprécié le recours à l’espérance de vie en bonne santé, la rétroaction du départ en retraite sur cette variable ainsi que le recours au boursicotage (ou à moindre mesure à la capitalisation, dont la frontière est mince, à l’aune des recommandations dogmatiques de nos chers conseillers fi) des frustrés de la redistribution.
    Sinon, je ne sais pas vraiment s’il est utile de rentrer dans de l’ad hominem, mais on te sent énervé.

    J'aime

    • Willy,

      Le Ad hominemne doit pas déranger. Vu d’ici E. Woerth ne risque rien. Une petite violence épistolaire qui n’approchera sa conscience. Par contre sa violence (à lui) va nous dévaster.

      J'aime

  4. Le plus stupéfiant à mon gout ces mois-ci, c’est l’insistance assourdissante avec laquelle on ne parle pas de la pénibilité ou du chômage massif des seniors. Certes, ce ne sont pas des leviers directs, ça nécessite des réformes de grandes ampleur si on veut les mettre en oeuvre pour assurer la pérennité des retraites par répartition. Mais bordel, du point de vue de la société ce sont les seuls moyens d’améliorer les choses côté population. Parce que certes, l’augmentation de l’âge de départ pour tous améliorera les comptes des régimes, mais à quelle prix pour une population qui ne pourra jamais avoir l’espoir d’une retraite pleine, entre chômage et boulots trop difficiles pour être pratiqués au-delà de 55 ans ?

    C’est bien beau de dire « on vit plus vieux faut travailler plus » , mais en l’occurrence le résultat risque d’être sera « on vit plus vieux la retraite sera diminuée d’autant d’années supplémentaires de cotisation pour plus de 50 % des + de 50 ans » . La France entrepreneuriale considère malheureusement qu’un bon employé a entre 30 et 50 ans. Avant 30 ans, pas assez d’expérience, après 50 ans, l’expérience accumulée coûte trop cher. Paye ta population d’actifs si on continue sur ce chemin avec une durée de cotisation allongée sans prise en compte de la pénibilité (physique comme psychologique) liée au travail effectué.

    J'aime

      • C’est bien ce que je dis : aborder la pénibilité sous cet angle, c’est la nier. Et ce alors que n’importe quel élève de lycée a appris qu’il y avait plus d’une décennie d’écart en espérance de vie moyenne selon les professions…

        J'aime

  5. Bravo pour ce billet qui file la métaphore psychiatrique comme d’autres un mauvais coton.
    Puisque notre gouvernement (et d’une manière générale l’ensemble des dirigeants des pays dits « développés ») relève(nt) de la psychiatrie (amnésie sélective, déni de réalité, mythomanie sévère…), il faut utiliser le vocabulaire approprié.

    J'aime

  6. Pingback: la retraite en trois chiffres « le blog de polluxe

  7. Pourquoi Eric Woerth devrait être mis entre parenthèses.

    Bien sûr qu’Eric Woerth devrait, sinon démissionner, au moins être mis entre parenthèses.

    Pour cette raison simple : dans sa négociation avec les syndicats, à propos de la réforme des retraites, il est aujourd’hui dans une position d’extrême faiblesse, la révélation de ses accointances et proximités avec le sommet de l’oligarchie de l’argent roi lui a fait perdre toute crédibilité pour plaider la cause des sacrifices auprès des représentants des salariés. On imagine les slogans et les pancartes le 24 juin prochain.

    Jean Michel Apathie qui, après avoir accablé la pauvre Christine Boutin – quel courage ! – vole au secours d’Eric Woerth, argumente en substance : on a besoin de ses grandes qualités pour mener à bien la courageuse réforme des retraites. Mais, c’est exactement l’inverse : même d’un point de vue sarkozyste, il n’est plus en situation de vendre à l’opinion la « courageuse » réforme des retraites.

    http://www.jeanfrancoiskahn.com/Pourquoi-Eric-Woerth-devrait-etre-mis-entre-parentheses_a167.html

    J'aime

  8. Affaire Bettencourt : trois chèques, trois questions.

    L’affaire Bettencourt est une affaire d’Etat. Les enregistrements clandestins réalisés par le maître d’hôtel de Liliane Bettencourt posent des questions démocratiques qui légitiment, au nom du droit à l’information du public, leur divulgation. Ils dévoilent la nature des relations entretenues par les responsables du pays avec l’une des principales fortunes mondiales.

    C’est pourquoi, afin que l’on en prenne bien la mesure, nous avons décidé de donner à entendre des passages clés de ces enregistrements. Ils concernent trois chèques établis en faveur du pouvoir actuel et l’intervention sur ordre présidentiel de la justice dans un différend privé.

    Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, le 4 mars 2010 :

    http://www.mediapart.fr/journal/france/210610/affaire-bettencourt-trois-cheques-trois-questions

    Cet enregistrement sonore est hallucinant.

    Un chèque pour Valérie Pécresse.

    Un chèque pour Eric Woerth.

    Un chèque pour Nicolas Sarkozy.

    Comment on dit ?

    On dit : « Merci madame. Vous n’aurez pas affaire à des ingrats. »

    J'aime

  9. article interessant mais trop instruit politiquement pour etre suffisament objectif:
    Est il besoin de rappelé qu avant beaucoup commencaient a travailler a 14 ans et que la retraite était a 65 ans pour la complémentaire pour qu y n’avait pas ces trimestres….Je ne parle méme pas de la durée du travail a l’époque qui n’était pas les 35 heures….
    Pour ma part le probléme de l age est un faux probléme a chacun de le voir en fonction de la pénibilitée du métier exercé…(il devrait abonder dans ce sens )
    Par contre je serai plus favorable a niveler la dizaine de caisses de retraite existante (La France réunit plus de caisse de retraite que le reste de l’Europe)pour n’en faire Qu’une ‘plusieurs milliards d’euros d’économie simplement en frais de gestion) et d’accentuer la politique vers le plein emplois qui a mes yeux a beaucoup plus d’interet pour la collectivité et le bien etre individuel.
    C’est le débat d’idée qui fait grandir l’individu ,pas la politique qui isole le débat…Il suffit de regarder les débats :si vous n’etes pas de tel partis …l autre a forcement tort et vice versa !!!!!

    J'aime

    • « article interessant mais trop instruit politiquement pour etre suffisament objectif »
      Si vous cherchez l’objectivité, mauvaise pioche.
      D’ailleurs, si vous la trouvez faites-moi signe. J’aimerai être présenté.

      Concernant les appels à la tempérance, il y a la presse mainstream et les blogs du nouveau centre…

      Néanmoins, je pourrais être d’accord avec certaines de vos propositions.
      Je me contente bien humblement d’un constat critique et subjectif. Pour les propositions, mon intellect n’est pas suffisamment pourvu.

      J'aime

  10. Le gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt s’appelle Patrice de Maistre.

    En 2007, le ministre du Budget Eric Woerth est allé voir Patrice de Maistre. Eric Woerth lui a demandé d’engager son épouse au sein de la société Clymène, pour gérer avec lui la fortune de Mme Bettencourt. Patrice de Maistre a obéi : il a engagé Florence Woerth le 12 novembre 2007.

    Le 23 avril 2010, Patrice de Maistre confie à Mme Bettencourt : «Je me suis trompé quand je l’ai engagée. (…) J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances (du Budget, NDLR), il m’a demandé de le faire. (…) Et donc si vous voulez, aujourd’hui, sans faire de bruit, je pense qu’il faut que j’aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès et avec Nestlé, il faut qu’on soit trop manœuvrants et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l’argent et puis voilà. Parce que c’est trop dangereux.»

    http://iledere.parti-socialiste.fr/2010/06/19/sarkozy-woerth-fraude-fiscale-les-secrets-voles-de-laffaire-bettencourt/

    Le journal Le Point vient de publier une information très importante : pour remercier Patrice de Maistre d’avoir engagé Florence Woerth, Eric Woerth lui a donné la Légion d’Honneur !

    Lisez cet article :

    La divulgation de conversations dans lesquelles Patrice de Maistre présentait Éric Woerth comme « un ami » a conduit, par ailleurs, l’actuel ministre du Travail à affirmer que l’homme d’affaires n’était pour lui qu’une « connaissance ». C’est pourtant bien sur le contingent réservé à son ministère que M. de Maistre avait été promu, le 14 juillet 2007, au grade de chevalier de la Légion d’honneur, dans la première promotion suivant l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy.

    Patrice de Maistre, a reçu les insignes de la Légion d’honneur des mains d’Éric Woerth, alors ministre du Budget, le 23 janvier 2008 à Bercy.

    http://www.lepoint.fr/societe/revelation-quand-woerth-remettait-la-legion-d-honneur-a-patrice-de-maistre-le-conseiller-de-liliane-bettencourt-23-06-2010-469497_23.php

    J'aime

  11. Le woerthgate du jour :

    Les lingots de Robert Peugeot.

    Interrogé hier sur son téléphone portable, Robert Peugeot n’a pas souhaité s’exprimer. Ses conseillers assurent que « tout est en ordre » et ne nient pas l’amitié qui lie le ministre et l’entrepreneur. D’ailleurs, début juin 2010, Robert Peugeot a reçu la Légion d’honneur au siège de PSA, avenue de la Grande-Armée… des mains d’Eric Woerth.

    http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Les-lingots-de-Robert-Peugeot-203209/

    J'aime

  12. Le woerthgate du jour :

    Concernant Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, Robert Peugeot, et la fraude fiscale, voici un article très intéressant. Nous avions appris que Patrice de Maistre et Robert Peugeot avaient été décorés de la Légion d’Honneur par Eric Woerth. Nous apprenons aujourd’hui qu’ils sont de généreux donateurs de l’UMP :

    L’homme de confiance, le ministre et les chasseurs.

    Chasseurs et donateurs à l’UMP : Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, fait partie de ces amis « remerciés » en 2008 par Eric Woerth.

    Photo en tête de l’article : fin 2003, dans le sud de l’Espagne, Patrice de Maistre à l’issue d’une chasse aux cerfs. En compagnie, juste derrière lui, de Robert Peugeot.

    Le dîner a eu lieu au printemps 2008 dans un des hôtels particuliers de la République, rue de Lille. L’hôtel de Seignelay, ancien ministère du Commerce, est aujourd’hui utilisé par les trois ministres de Bercy (Economie, Budget, Industrie) qui peuvent en disposer à tour de rôle. Le jardin, juste derrière le musée d’Orsay, est agréable. Un petit coin d’histoire de France : Coco, le dernier chien de Marie-Antoinette, y est enterré. Ce soir-là, c’est Eric Woerth, ministre du Budget, qui régale. Mais c’est avec sa casquette de trésorier de l’UMP qu’il a lancé l’invitation.

    http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/L-homme-de-confiance-le-ministre-et-les-chasseurs-203208/

    J'aime

  13. L’affaire : du conflit d’intérêt au trafic de décorations.

    Les internautes ont été les premiers à le relever : alors même qu’Eric Woerth, enfermé dans son système de déni, continue de nier tout conflit d’intérêt, sa propre épouse a reconnu : « J’avais sous-estimé le conflit d’intérêt ».

    Du coup, la ministre de l’Economie elle-même, Christine Lagarde, a déclaré qu’il fallait y mettre fin.

    Les députés UMP, eux, sont en train de prendre peu à peu conscience du tonneau de dynamite que représentait cette double casquette, trésorier du parti majoritaire et trésorier de la nation. Cumul qui n’existe nulle part ailleurs, même pas en Corée du Nord.

    Tous les journaux ont ainsi relevé cette incongruité : Eric Woerth trésorier de l’UMP promettait aux gros donateurs, en tant que ministre, de leur obtenir une entrevue à l’Elysée avec le président de la République. Un gros billet = ¼ d’heure, un plus gros billet = ½ heure ? Et avec gâteries intellectuelles ? Car cela revient presque à monnayer des passes.

    Autre anguille sous roche : les donateurs au trésorier du parti obtenaient systématiquement que le ministre (en l’occurrence le même homme) leur décerne la Légion d’Honneur. Or, aucun de ceux sur la poitrine desquels on épingla ainsi la rosette n’avaient réalisé le moindre acte ou publié la moindre œuvre qui méritassent qu’on les distinguassent de la sorte.

    Cela ne ressemble-t-il pas à un trafic de décorations ?

    Jean-François Kahn.

    http://www.marianne2.fr/jeanfrancoiskahn/L-affaire-du-conflit-d-interet-au-trafic-de-decorations_a177.html

    J'aime

  14. Quand Eric Woerth dînait avec Liliane Bettencourt.

    Un simple scellé, dans les centaines de documents judiciaires liés à l’affaire Bettencourt. Il s’agit du journal intime de Martin d’Orgeval, un photographe, très proche de François-Marie Banier, et donc de Liliane Bettencourt. Une date y est consignée : « 30-01-08 : Liliane reçoit le ministre du Budget à dîner Eric Woerth ».

    « Liliane », c’est donc Mme Bettencourt, première contribuable française, qui doit recevoir, ce 30 janvier 2008, dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, Eric Woerth.

    Sept jours plus tôt, le 23 janvier 2008, Eric Woerth a remis, à Bercy, les insignes de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt. M. de Maistre n’est autre, à l’époque, que l’employeur de Florence Woerth.

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/07/01/quand-eric-woerth-dinait-avec-liliane-bettencourt_1381386_823448.html

    Le ministre du Budget Eric Woerth avait demandé à Patrice de Maistre d’embaucher son épouse, Florence Woerth.

    Patrice de Maistre avait accepté : le 12 novembre 2007, Florence Woerth intégrait la petite entreprise qui gérait la fortune de Liliane Bettencourt. Elle gagnait 180 000 euros nets par an, soit 15 000 euros nets par mois (Le Canard Enchaîné, mercredi 30 juin 2010, page 3).

    Patrice de Maistre déclarait à Liliane Bettencourt, le 23 avril 2010, à propos du conflit d’intérêts de Florence Woerth :

    « Je me suis trompé quand je l’ai engagée. C’est-à-dire qu’en fait, avoir la femme d’un ministre comme ça, ce n’est pas un plus, c’est un moins. Je me suis trompé. Pourquoi ? Parce que comme vous êtes la femme la plus riche de France, le fait que vous ayiez une femme de ministre chez nous, tous les journaux, tous les trucs disent : « Oui, tout est mélangé, etc. » Bon. J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances (du Budget, NDLR), il m’a demandé de le faire. Je l’ai fait pour lui faire plaisir. »

    J'aime

  15. Mardi 6 juillet 2010 :

    L’ex-comptable des Bettencourt accuse : des enveloppes d’argent à Woerth et à Sarkozy.

    L’ex-comptable de Liliane et André Bettencourt révèle, dans un témoignage explosif à Mediapart, comment le couple de milliardaires a régulièrement financé, via des enveloppes contenant des espèces, des personnalités de la droite française, dont Nicolas Sarkozy.

    Elle a notamment relaté un épisode – qu’elle a également rapporté lundi 5 juillet aux policiers – situé en mars 2007 et mettant en scène Eric Woerth. Ce dernier se serait vu remettre, via le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, une somme de 150.000 euros pour la campagne présidentielle de M. Sarkozy.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/060710/lex-comptable-des-bettencourt-accuse-des-enveloppes-dargent-woerth-et-sarkozy#comment-571471

    J'aime

  16. Claire T. est, de fait, détentrice de très lourds secrets, qu’elle a confiés à Mediapart, juste après son audition, lundi soir.

    C’est un témoignage accusatoire, qu’elle reconnaît volontiers ne pas pouvoir étayer de preuves matérielles définitives, et qui devra être soumis par les enquêteurs à un méticuleux travail de recoupements et de vérifications.

    Claire T. s’explique sur sa décision de parler à la police et à un journal : « J’en ai marre de voir tous ces gens ne pas assumer leurs responsabilités, raconter n’importe quoi. Il est temps de dire ce qu’il s’est passé. Et puis, après tout, moi je n’ai rien à me reprocher ».

    Maire de Neuilly-sur-Seine entre 1983 et 2002, M. Sarkozy était souvent l’hôte des Bettencourt. « Il venait déjeuner ou dîner avec Cécilia », se souvient Claire T.

    Lui aussi avait-il droit aux « attentions » accordées aux personnalités politiques en visite chez les Bettencourt ? Un brin hésitante d’abord, mesurant sans doute la gravité de ses propos, Claire T. confirme :

    « Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ca se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très forts et de l’autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l’on n’aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l’argent. C’était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d’ailleurs, on me demandait juste avant le repas d’apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qu’il se passait… ».

    http://www.mediapart.fr/journal/france/060710/lex-comptable-des-bettencourt-accuse-des-enveloppes-dargent-woerth-et-sarkozy#comment-571471

    J'aime

  17. Pingback: Les gros mensonges sur la réforme des retraites « Pour tout vous dire…

  18. Pingback: Rumine, Hans ! » Les garçons sauvages

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s