Les impasses de la promesse frontiste

(geste à Malakine)

“De tous les partis en déroute sur l’horizon éteint de la politique et des affaires, il ne reste qu’une seule faction active, celle du pouvoir” – R. Vaneigem in “Adresse au vivants”

Il faut fureter sur les blogs pour trouver l’affirmation la plus tranchante de la médiasphère. Si le blogueur X. Malakine a rejoint les confins de la droite nationale, les franges les plus distantes de ce que l’on dépeint de là-bas comme l’alternative au système, il n’en reste pas moins que sur le fond, concernant l’éventualité du FN au second tour des présidentielles il formule : “Ceux qui se déclarent aujourd’hui en faveur de Marine Le Pen, c’est en toute connaissance de cause parce qu’ils souhaitent qu’elle soit au second tour pour y défendre des solutions alternatives, parce qu’ils adhèrent à son projet de retour à la nation et à la souveraineté…”. De ce côté-ci, c’est à dire de la tiédeur politique, qui pense bien dans les clous, ce retour à la nation et à la souveraineté renvoie à une euphémisation bien particulière de ce qui traverse aujourd’hui le pays.

Parce qu’oublier la crispation sur les boucs-émissaires, quels qu’ils soient, pour prendre en considération des questions largement évacuées du débat, comme l’euro, ou la régulation forte de l’économie (protectionnisme), c’est entrer dans un tunnel sans issue. S’imaginer que le minois d’une blonde relookée, fille de son père, suffit à effacer l’histoire, le passé, et la continuité d’un projet politique qui va puiser sa force au tréfonds du cloaque xénophobe. C’est s’occuper beaucoup de forme et très peu de fond. Parce que l’on aura beau se défendre en psalmodiant la nouvelle xénophilie de la Marine, il n’en demeure pas moins que de toutes ses fibres le parti, les idées, la symbolique, l’inertie et sa dynamique renvoie le Front National à ce qu’il est au-delà de son nouveau vernis de marketing politique, c’est-à-dire un parti post fascisant, avec tout ce que cela comporte (même des intellectuels brillants…). Parce que c’est faire comme si l’intelligence plastique de son nouveau leader était une promesse de changement certain, de volontarisme Sarkozyste factuel. Une projection fantasmatique dans le changement, authentique, pur, pour la grandeur de la France, la félicité des français. Une sorte de bain de jouvence national aussi illusoire qu’ingénu.

Avant de sortir de l’Euro, encore faut-il avoir le débat sur la sortie de l’Euro. Ce que ni l’UMP, ni le PS, ni même le FN ne semblent s’accorder à mettre en œuvre. C’est tout l’un ou tout l’autre, dans un bel effet miroir. Si les uns sidèrent par leurs conservatismes, les autres atterrent, soit par un dirigisme insensé, soit par une légèreté inconsidérée. Car c’est jouer avec des décisions importantes, sur un ressenti populaire à propos de la monnaie européenne, coupable de gonfler les prix à la caisse. Une stimulation émotionnelle destinée à la captation d’un assentiment dont les conséquences considérables ne sont pas totalement mises en exergues. Car sortir de l’euro c’est possible, mais il faut en expliquer à tous clairement les incidences. C’est en ce sens que le ralliement à l’étendard frontiste nouveau profil relève d’une certaine candeur.

Car s’il est un vote d’adhésion, ce vote garde sa particularité primaire. Les agréments sociétaux ne servant qu’à facilité la digestion médiatique du reste. C’est-à-dire la focale identitaire, nationaliste et sécuritaire, dans ses accents les plus réactionnaires dans la France du racisme bienveillant. Il suffit d’écouter, de lire les interviews des responsables du FN, pour découvrir que tout, in fine, converge vers la question migratoire. Cet aimant politique qui fit grandement le succès de N. Sarkozy.

C’est aussi se défausser d’une partie importante du paysage politico-médiatique. Jouer la carte antisystème Front National contre la bien pensance boboïsante et irresponsable en 2011, c’est avoir un certain culot. C’est surtout être totalement hermétique au vacarme médiatique ambiant. Si l’élection de 2002 s’est jouée (aussi et surtout) sur des incidents ponctuels télévisuels (l’agression d’Orléans), celle de 2012 s’engage dans un tout autre état d’esprit. Une ambiance totalement acquise aux thématiques du Front National, dans une inversion édifiante des priorités informationnelles, où le sécuritaire et le migratoire occupent, bien plus massivement qu’auparavant, l’espace. S’attribuer la posture subversive, du Cassandre, face aux périls migratoires dans les traces d’I. Rioufol, R. Ménard ou E. Zemmour, alors qu’ils ne s’évertuent qu’ à accentuer l’écho majeur de ce qui se dit banalement dans l’infosphère, consiste à prendre une attitude grossièrement politicienne. Tout en geignant “on n’est pas fasciste”…

Le cadre national pourrait être une solution de résignation face aux problèmes économiques. C’est à dire un moindre mal. En ce sens, le service minimum pour des politiques de redistributions à caractère social. À condition d’y instaurer une fiscalité juste, faisant peser l’effort au moins dans ce cadre sur les plus pansus. Mais se référer à la nation comme finalité totale, exclusive, glorifiée à la façon d’un P.- M. Couteaux pour mettre en place une politique de souveraineté et de préférence nationale consiste à s’inventer un univers parallèle fait de petits blancs s’égayant dans un environnement de petits blancs. Avec toutes les pesanteurs historiques que cela comporte. La subversion, certaines fois, consiste en un ralliement à la raison quand tout pousse à la haine et à la folie. Une raison, pas celle du consensus mou. Mais du débat, se débarrassant des oripeaux de la politique du bouc-émissaire ethnique ou religieux, pour aborder les questions sociales, essentielles.

Vogelsong – 1 mai 2011 – Paris

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28 réflexions sur “Les impasses de la promesse frontiste

  1. Deux précisions :

    1- Le débat sur les déterminantes économiques, je ne demande pas mieux et depuis plus de 4 ans que je blogue, j’essaie de contribuer à le faire vivre. Le problème c’est qu’en face, il n’y a rien. Depuis le début, on nous oppose toujours des arguments en forme de haussements d’épaules « ah mais vous n’y pensez pas, le protectionnisme, c’est la guerre ! ou mais non, sortir de l’Euro, c’est pas possible voyons, on ne peut pas revenir en arrière »

    Trouve moi un interlocuteur solide sur ces question et je te garantie que je le coince dans une impasse très rapidement.

    Et puis je ne peux pas laisser passer ça « Car sortir de l’euro c’est possible, mais il faut en expliquer à tous clairement les incidences. C’est en ce sens que le ralliement à l’étendard frontiste nouveau profil relève d’une certaine candeur. »

    En ce qui me concerne, je me suis livré à une longue analyse de la crise des dettes souveraines en décembre et elle concluait pas sur une sortie isolée de l’Euro – hypothèse que je considérais comme trop dangereuse – mais davantage avec une UEM avec les pays du sud. Il est totalement faux de soutenir que ceux qui soutiennent ce projet de retour à la souveraineté économique n’y ont pas réfléchi. J’ai publié sur mon blog la semaine dernière une étude très détaillée de Jacques Sapir sur la sortie de l’Euro, laquelle a été reprise sur le site Nation.presse.info. Il y a au contraire bien plus de réflexion de notre coté que chez les tenants de l’ordre en place !

    2- Pour ce qui est de mon parcours personnels, je rappelle que je viens du fédéralisme européen, la croyance en l’europe puissance, le protectionnisme européen. Je suis tout sauf un nationaliste. C’est mon analyse de l’Europe et des enjeux économiques qui m’ont amené au souverainisme.

    Et quand à la xénophobie, je peux prouver en donnant pas mal de lien que je suis irréprochable de ce point de vue là. On m’a même souvent adressé le reproche inverse, d’être islamophile et tenant d’un modèle multiculturel ! Donc, si en la matière, Marine tenait des propos inacceptables, je ne pourrais adhérer à son discours.

    En l’état j’analyse son projet et ce qu’elle porte, non pas comme la résurgence d’une xénophobie identitaire, mais bien comme un projet de retour à la souveraineté nationale, de restauration de l’Etat républicain et de réarmement économique.

    Et comme il n’y a pas de mon point de vue d’autres issues réaliste que celle là, je soutiens.

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    • Malakine,
      Sur le protectionnisme on pourrait être d’accord.
      Concernant l’Euro, j’en reste à mon approche, il me semble que le FN pratique la version reptilienne de la sortie de l’euro, version nationalisme franchouillarde du retour au franc. Mais tu me corrigeras.

      « En l’état j’analyse son projet et ce qu’elle porte, non pas comme la résurgence d’une xénophobie identitaire, mais bien comme un projet de retour à la souveraineté nationale, de restauration de l’État républicain et de réarmement économique. »
      Je n’y crois absolument pas. Le FN prend une posture marketing sur ces sujets. Selon moi, le corps du programme se focalise sur la question migratoire. Une bonne partie de ceux qui rallient les positions frontistes le fait sur ces bases.
      On pourrait développer à l’infinie.
      Quid des positions que défend Melenchon sur le protectionnisme et le Républicanisme, sans la crispation xénophobe ?

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      • Je suis fatigué de répondre sur les procès d’intention alors je ne ferais pas exception avec toi. On peut s’échanger les mêmes arguments pendant un an, rien ne changera. C’est pas très intéressant.

        Ce que je peux dire au sujet de la sortie de l’Euro c’est que le site du FN renvoie à l’étude de Sapir.

        Il y a effectivement beaucoup de convergence entre Mélenchon et Marine le Pen, mais deux divergences majeures. Mélenchon reste un fédéraliste européen et il est immigrationniste. Ces deux différences me font davantage pencher pour MLP, mais je ne taperais jamais sur des Mélenchonistes.

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  2. @vogelsong : voilà, lu et approuvé. Sauf que tu négliges complètement (à moins que j’ai mal lu) la volte-face totale du programme frontiste entre l’atlantisme outrancier et les penchants ultra-libéraux du père il n’y a pas si longtemps et le programme devenu soudainement social et protectionniste de la fille. Comment dire…c’est un peu gros !
    si ce n’est pas de l’opportunisme électoral au dernier point, je ne m’y connais pas !
    Sans rire, le programme éco du Front pourrait être inspiré de Lordon, c’est dire s’il y a confusion des genres !

    @malakine : dans l’absolu et malgré de nombreuses réserves , pourquoi pas. Le programme de Sapir dont tu parles me rappelle justement un texte de Lordon portant sur la sortie de l’Euro…par l’Allemagne et le fait que la France pourrait prendre l’initiative d’une coalition de pays (du sud mais pas seulement) aux économies beaucoup plus « homogènes ». Ce n’est absolument pas ce que préconise Mme Le Pen.
    Mais surtout, comment peux-tu croire une seule seconde que c’est un programme destiné à être appliqué ???? Le Front National reste le Front National

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    • Je tente de montrer que les promesses économiques vont vite se trouver confrontées à des problèmes éthiques. Le détails sur la sortie de l’Euro ou le protectionisme sont largement traités ailleurs.
      Ce qui m’importe c’est le piège xénophobe mêlé au marketing social.

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  3. deux précisions :

    1. il est indéniable qu’aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui mène la danse sur la fixation de l’agenda politique français. Un exemple ? Son déplacement précoce à Lampedusa pour dénoncer la convention de Schengen et qui précédait de quelques semaines le voyage du Président Sarkozy dans l’île italienne. Cet exemple, comme celui de l’OPA de Lactalis sur Parmalat et les secousses produites démontrent qu’il y a un retour aux frontières (ou à l’idée, mais c’est pareil) en Europe. En gros, l’idéal du traité de Rome est porté par une génération vieillissante et c’est ce point précis qu’a certainement bien assimilé Marine Le Pen. Le reste en découle…
    2. L’euro, c’est certainement très bien, sauf qu’on le pare de vertus qu’à mon avis il n’a pas.. Il ne faut pas être un grand économiste pour comprendre que le mix entre l’existence de déficits budgétaires nationaux et la politique monétaire menée par la BCE nous mène dans le mur. Comment faire comprendre aux Grecs, par exemple, que leurs déficits abyssaux ne peuvent être résorbés que par des sacrifices importants, alors que dans le même temps, ils ont perdu toute latitude possible dans la compétitivité de leur monnaie (en gros, l’impossibilité de dévaluer comme l’Italie en 1992). Pour prendre un exemple concret : quand les grecs sont en compétition avec les turcs pour vendre des olives sur les marchés internationaux, on s’aperçoit que le produit grec s’est apprécié de plus de 60% ces dernières années, sans que le gouvernement d’Athènes ne puisse « jouer » sur sa compétitivité. C’est impossible à tenir dans le temps… Donc, à terme, il parait inéluctable que certains pays se décident à sortir de l’euro, pour justement retrouver de la latitude sur la monnaie.
    Ça aussi, Marine Le Pen l’a pigé, alors que nos gouvernements restent attachés à leurs dogmes. Pour preuve, Sarkozy, lors de son voyage en Italie a indiqué soutenir la candidature de Mario Draghi pour succéder à Trichet à la BCE. L’italien qui donne des gages à l’Allemagne et qui est sur une ligne « claire » au sujet de l’euro : monnaie forte et pas d’inflation, quitte à monter les taux lorsqu’une crise financière pointe le bout de son nez, à l’image de Trichet en 2008.

    Pour reprendre une expression que j’aime bien : il est clair qu’on a pas le cul sorti des ronces…

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    • Pas grand choses à ajouter. Tu aurais m’envoyer ça par mail. je l’aurais posté en billet….

      Une remarque, je zappe les questions techniques (BCE, etc…), me focalisant sur la postures sociales qui entrent en collision avec des mesures discriminatoires. A la fin des fins.

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    • Aie ça pique les ronces.

      Et oui, le problème le plus urgent c’est la BCE ou plutôt son statut de notaire libéral obsédé par 0,1% d’inflation mesurée et dont le comportement incite au final à réduire les couts salariaux pour être compétitifs

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  4. @tous : comment peut-on analyser iséolément la place soudain prépondérante dans les médias et les intentions de vote du FN, qui ne sont pour l’instant que cela, n’ayant pas été que je sache matérialisées dans les faits jusqu’à présent, même aux cantonales, ou le front de gauche a dans bien des cas réalisé des scores tout aussi importants voire davantage que ceux du FN sans que cela ne soit repris aussi visiblement, médiatiquement parlant ?

    La place du FN (qui après tout ne tourne toujours autour que de 20 %, même si effectivement, Vogelsong a raison, ils ‘est durablement installé dans les esprits et qu’il ne s’agit plus aujourd’hui d’un vote seulement protestataire) est à regarder comme un élément du puzzle national. Alors que le président de la république française a toujours eu de tous temps le devoir de se montrer le garant de la cohésion d’ensemble et de la paix sociale, ce que sont effforcé de faire jusqu’à présent ses prédecesseurs, qu’ils soient de droite, de gauche, ou du centre, nous voila face à un individu qui, par calcul ou par incompétence, s’est ingénié à dresser des communautés les unes contres les autres. Théorie du choc ou pas, voila que nosus ommes face à un individu qui, totalement inconscient et pyromane en chef, a dressé les français dans un premeir temps cotnre les foncitonnaires, puis les roms, puis, les juges, puis les médias, puis les enseignants, puis les arabes, puis…. L’argument est connu, je ne le délaie pas davantage. En face, une gauche aphone, manquant de combativité (j’ai chois mon pseudo, bien qu’il puisse paraitre ridicule, poru cela, ce sursaut nécessaire) et qui s’est tellement détachée de sa base que celle-ci ne s’y reconnait plus. Les syndicats ne faisant plsu leur boulot de contestation et de volotné irrépressible de défendre els droits des salariés, en extorquant donc de nouveaux droits et de meilleures conditions de travail qu’il est dans l’intérêt des patrons de ne surtout pas leur donner, pour ceux qui en tous cas fonctionnent à corute vue… Le tout, notre responsabilité collective donne ce Résultat : une meilleure visibilité du FN, avec la complicité bienveillante des méidas qui en traitent plusq ue la surface des choses, bien plus rentable que eles sujets de fondd et le travail d ‘investigation qui coûte plus cher… .Le FN est toujours le même, malgré une riponilisation de surface. Car en effet, je m »adrese cette fois à Malakine, nous ne sommes plus là dans le virtuel des blogs, mais bien dans le concret politique, ces propos d’un élu lorrain, qui dénotent sérieusement face au discours convenu de Marion Anne Perrine LePen pour l’état civil : http://lecondujour.wordpress.com/2011/05/01/pas-tres-fier-detre-lorrain-moi-aujourdhui/
    je pourrais citer des tas d’exemple similaires dans d’autres domaines (et je vais d’ailleurs m’y employer avec ce nouveau blog) : racisme, xénophobie, antisémitisme, violence solciale, etc. Penser que le FN ait changé est une escroquerie intellectuelle. Et il ne suffit pas d’une cohorte d’experts en tosu genre et aussi et surout en communication pour nosu faire avaler la couleuvre. Derrière celle qui a vécu dans un cadre privilégié et rpétend porutant défendre les intérêts des plus démunis dont elle se fout royalement, il ya un aprti construit sur des bases pourries, avec des gens peu recommandables; Et nosu avons bien vu ce qui s’est passé lorsque Marine a exclu ce militantfaisant le salut nazi : papa a tapé avec sa grande règle plate sur la main de sa petite tête blonde..

    Ps : gauchistes, gaffe ! Il est armé, lui… http://lecondujour.wordpress.com/2011/04/30/gauchistes-gaffe-le-pen-est-arme/

    Quant au débat sur la sortie de l’euro, je ne m’en tirerai par un simple commentaire. je reviendrai une autre fois…

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  5. Il y a quand même un monde entre le protectionnisme, préalable indispensable à toute décision d’ordre progressiste dans ce pays, et le nationalisme-isolationnisme du Front National, bêtement idéologique.

    Il nous faut aller vers le local sans les murs, pour reprendre la phrase de Paul Ariès.

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  6. > GdeC

    En quoi est-ce fasciste de s’opposer aux revendications contre nature des communautés sexuelles minoritaires ? Je suis d’accords avec cet élu. Que les gays et lesbiens pratiquent leur sexualité comme ils l’entendent, mais dans la sphère privée. La société n’a pas à leur accorder la moindre reconnaissance, et encore moins à céder à leur terrorisme.

    Depuis quand être de gauche implique d’être favorable à l’homoparentalité ? Tu crois que le bon Georges Marchais y aurait été favorable ???

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    • C’est quoi la sphère publique dans ce cas , si je me balade dans la rue en tenant la main de mon copain tu va me coller une amende ? s’il me colle sur son testament : tu va rendre ça illégal ?
      Et contre nature , ah oui, on met ça dans les revendications plutôt que sur les gens, ça fait moins sale, mais tu ne peux pas t’empêcher d’employer l’expression. Ah les sales homosexuels, ils sont contre nature: on va leur faire quoi ensuite ? Pourriture dans la bouche, même déplacée dans une phrase ça reste.

      Et terrorisme comme élement de langage : ben voyons, la France catholique est menacées par des hordes de gay avec du c4 et du TNT ?

      Pauvre gars, tu craques le sac en voyant une blonde repeinte en sociale. Le prochain étape, c’est quoi la religion d’état ?

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  7. « Jouer la carte antisystème FN contre la bien pensance boboïsante », de la part d’un petit-bourgeois nationaliste, c’est beaucoup de choses mais d’abord une innommable saloperie. Car c’est choisir de s’en prendre ouvertement aux travailleurs immigrés ; c’est choisir de contribuer à distiller dans toute la société les idées nauséabondes d’une bourgeoisie extrêmement réactionnaire ; c’est prendre le parti aujourd’hui d’une organisation qui, si la crise s’approfondie, s’en prendra physiquement aux militants ouvriers, aux travailleurs immigrés, aux grèves et aux grévistes… Bref, la décision d’un petit-bourgeois de « défendre des solutions alternatives, parce qu’ils adhèrent à [un] projet de retour à la nation et à la souveraineté », c’est surtout choisir de se placer ouvertement du côté du manche pour préparer les ratonnades de demain…

    Ceci étant dit, la trajectoire nauséabonde d’un de vos copains devrait poser la question du nationalisme de la gauche réformiste, du PS au PCF en passant par Mélenchon… « Faire croire aux travailleurs qu’ils ont des intérêts nationaux plutôt que des intérêts de classe et que la source de tous leurs maux viendrait de la mondialisation et de l’Europe entretient la confusion, auprès des travailleurs, avec la démagogie utilisée par l’extrême droite »… (http://www.union-communiste.org/?FR-archp-show-2011-1-1427-6011-x.html).

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  8. @malakine : je n’ai pas dit que c’était fasciste (quoique) mais hautement condamnable et pas seulement moralement; les discriminations motivées par des orientations sexuelles que l’on n’approuve pas sont également (comme le racisme et la xénophobie) considérées non pas comme une opinion, mais un délit. Et c’est heureux. En outre, étaler celles d’un adversaire politique respectable est d’une bassesse qui me semble assez bien symboliser les errements des élus de ce parti qui ne sont pas vraiment irréprochables, beaucoup ayant un passé judiciaire et étant connus des services de police pour d ‘autres raisons que purement politiques, si vous voyez ce que je veux dire. Enfin, la hauteur de votre pensée n’est manifestement pas partagée par tous ceux qui se réclament de ce parti. Quelles que soient vos motivations et la qualité de votre raisonnement intellectuel, il n’est et ne restera pour moi qu’intellectuel. Vous n’êtes pour moi qu’un égaré (il conviendrait d’en examiner les raisons à la lueur de votre parcours de vie qui l’éclairerait probablement), et le FN décidément pas un parti démocratique ; Faudra-t-il qu’il arrive au pouvoir, à la plus grande honte de tous, et aux yeux du monde, pour parvenir à vous en convaincre, c’est-à-dire lorsqu’il sera en capacité de remettre en cause nos libertés fondamentales ? Mieux vaudra à ce moment, là, ne pas être juif, ou arabe, ou communiste, ou gauchiste, ou handicapé, ou….

    Marion Anne Perrine Le Pen, démocrate, vraiment ? La vision économique du FN est d‘essence ultra-libérale, hormis celle de la sortie de l’Euro (qui est une hérésie pas seulement parce que ce n’est pas possible, comme le laissent croire certains, mais arce que les conséquences en seraient encore plus désastreuses que ce que l’on veut combattre) quoiqu’en dise cette personne qu ne me semble pas maîtriser véritablement ce sujet, contrairement à d’autres, dans lesquels elle excelle davantage à manipuler des arguments à caractères plus émotionnels que factuels.
    En outre, l’argument qui consiste à dire que « La société n’a pas à leur accorder la moindre reconnaissance, et encore moins à céder à leur terrorisme » me fait sourire : vous auriez donc peur de gens qui n’ont jamais manifesté que pacifiquement (s’il ya violence, elle doit être vraiment plus que symbolique !), là où les manifs du FN ont fait à plusieurs reprises, quand à elles, des morts ? Vous n’êtes pas sérieux !
    Quand à l’accusation de boboïsation qu’on lance sans cesse aux gauchistes dont je suis : pas ça, et pas moi… Si vous saviez…

    PS. Qui est ce Georges Marchais que vous et vos semblables nous lancez quand vous êtes à court d’arguments ? Un homme du moyen âge ? je ne suis de totue façon pas communiste quant à moi, mais du Parti de Gauche, tendance alter-mondialiste. Désolé… Essaie encore !

    @Récriweb : bien vu.

    @re-Malakine : MLP, défendre un projet social, les ouvriers ? Je me gausse. C’est véritablement une escroquerie intellectuelle. Où était-elle pour défendre les ouvriers, dans les plans sociaux ? Où était-elle quand nous avons combattu pour nos retraites (il a d’ailleurs été prouvé que pour des raisons purement électoralistes elle était favorable à la retraite par capitalisation, mais qu’elle a fait machine arrière juste avant les cantonales, de peur de froisser son électorat qui n’aurait pas compris et pour cause !). Elle ne fait qu’agiter des chiffons rouge pour appâter des grenouilles, mais lorsque celles-ci se rendront compte que c’est pour se faire bouffer, il sera trop tard. personne ne parviendra jamais à me convaincre que le FN est un parti de gauche ! A la rigueur d’un national socialisme, peut-être…

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  9. Hier, Xavier Mathieu, un des ouvriers syndiqués de Continental à Clairoix, était jugé à Compiègne pour refus de prélèvement ADN. « J’ai refusé de figurer dans un fichier où je pouvais me retrouver entre Emile Louis et Marc Dutroux » et « Chez moi, on ne donne son ADN que par amour » a t-il dit. On a vu tous les courants de la gauche pour le soutenir, même les strauss-kahniens. Mais où étaient Marine Le Pen et les sympathisants FN, nombreux dans le département de l’Oise ? Pour une fois qu’il y avait une occasion de prouver le tournant social du FN…

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  10. Tout ça c’est bien beau, et comme j’aimerais être aussi intelligent que vous tous ! Mais je suis d’accord avec Malakine, tout simplement parce que comme beaucoup de Français(es), l’UMPS j’en ai plein le c….
    J’oubliais : si DSK ne se dégonfle pas ( ce qui reste à prouver, il n’a pas l’air d’aimer vraiment la bagarre ) je voterai pour lui pour l’aider à détruire le PS et le « parti des salonnards ». Pourquoi ? parce que j’en ai plein le c…. de toutes ces nullités prolophobes qui ne sont même pas capables de comprendre un de mes adages favoris que j’ai inventé ( tous droits réservés :-) ) quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique : « Si personne ne peut acheter, ce n’est pas la peine de fabriquer ».

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  11. Y a de la clarification terminologique et politique à faire en ce moment !

    D’abord, qu’on arrête de tourner autour du pot avec ces euphémismes hypocrites ou honteux (au choix): que tous ces souverainistes et autres patriotes s’assument pour ce qu’ils sont, des nationalistes. Et comme disaient nos anciens, qui savaient de quoi ils parlaient en la matière: le nationalisme, c’est la guerre.

    Et cette re-montée lente et continuelle du nationalisme est inquiétante. D’autant qu’elle est, par nature, accompagnée, de son corolaire inévitable: la stigmatisation du bouc-émissaire, que ce soit le non-national (l’étranger, le juif…) ou le mauvais national (l’immigré-qui-ne-veut-s’intégrer, le juif), et dans la version raciste du nationalisme: le pas-assez-blanc, et le mauvais reproducteur (cet homosexuel qui dilapide le sperme sacré de la Patrie).

    Second point: il me parait urgent de sortir de la confusion entretenue aujourd’hui par certains entre nationalisme et politique économique. S’il est utile (voire urgent) de réfléchir à une réforme de l’euro, qui peut aller jusqu’à la sortie de l’euro de certains pays, il n’est nulle besoin de justifier de cette politique par un rhabillage nationaliste. La nation et la souveraineté n’ont rien à voir là-dedans! Et ceux qui veulent mélanger la nation à cette question le font par aveuglement, ou avec des arrières pensées.

    La question n’est pas de recouvrer une quelconque souveraineté nationale prétendument perdue dans l’affaire: elle est que l’euro impose une politique économique commune à toute une zone formée d’espaces économiques différents, qui auraient précisément besoin de politiques économiques différentes. Que ces zones soient des nations ou pas ne change rien du tout à l’affaire.

    Je suis assez chagriné de constater aujourd’hui qu’on au nom de cette nécessaire réforme économique, certains démocrates soient prêts à faire alliance de circonstance avec les pires nationalistes, ceux du Front national. On ne dîne pas avec le diable, même avec une très longue cuillère.

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    • Totalement d’accord.
      L’espace national comme je l’écris est une résignation, un moindre mal pour appliquer des politiques plus justes…

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  12. @narvic : bravo également; Il fallait que cela aussi soit écrit. Je ne suis pas de ceux là, et tu me donnes l’occasion de m’en démarquer nettement. ce souverainisme là me gêne, chez les derniers chevènementistes restants, par exemple, chez lesquels ce que tu dénonces est encore très présent. Cela me gêne.

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  13. Complètement d’ accord avec ce billet. Je ne comprends juste pas comment on peut ignorer la préférence nationale, point nodal du FN, et ses conséquences. Et quid de tout ce qui va avec, comme les oxymores du genre « la nationalité ça s’hérite ou ça se mérite », sachant que personne ne montrera patte assez blanche pour qu’ elle se mérite ? Comment l’universalisme chez ces anciens de « gauche » peut-il se transformer en nationalisme et essentialisme ? Ça me dépasse complètement.

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    • Je ne veux pas être trop caricatural, mais on peut dire que le traitement médiatique tend à mixer tout ça. Pour faire un pâté facile à ingérer….

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  14. @ Tomroud

    Au moins, c’est l’occasion pour chacun de se situer clairement vis à vis des évolutions récentes de ceux, à droite comme à gauche, qui versent chaque jour un peu plus dans le nationalisme (avec nuance plus ou moins raciste). Mais ça n’est qu’une manière de choisir son camp, alors que le climat tourne de plus en plus à la guerre civile. :-(

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  15. Pingback: Variae › Terra Nova, ou quand le progressisme enterre la gauche

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