La dédiabolisation glamour #1

“Maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes y a pas de blindés, y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même” – M. Le Pen – 11.12.2010 – Le Monde

Frappante de différence la manière dont, telle une bête de médias sûre de son coup, elle enfonce les sujets, les ingurgite et les restitue désossés sous l’œil bovin de la presse. Frappante de différence aussi, la manière dont les guerres larvées rendent toutes tentatives de structurations programmatiques caduques. Finalement frappant, de voir comment l’accident démocratique pourrait se produire encore. M. Le Pen épanouie comme jamais sur le plateau de France 2, s’est offert un tunnel de promotion sur écrans plasma. Avec une maîtrise dont on la savait capable, et qu’elle a aisément confirmée. En contrepoint, les rémanences d’une semaine de minauderies socialistes où le ridicule se dispute à l’inutile. Aux antipodes des préoccupations, on rejoue le défilé médiatique, les petites phrases vénéneuses et l’unité familiale de façade. La question du sérieux des propositions et du programme des uns et des autres se pose, mais plus marquant est le niveau de préparation de la représentante du FN dans les moments de synchronisation générale des attentions d’un prime time. En l’occurrence des millions de téléspectateurs sidérés devant leur écran avec en mémoire les impérities gouvernementales, le bal des débutantes socialistes, et la capacité d’une candidate, là, qui dresse par le menu une batterie de solutions, certes ineptes sur le fond, mais parfaitement audibles et accessibles dans ce contexte.

À la fois dedans et dehors, le Front National relève de l’objet politique inabordable. Manifestement sur France 2, lors du programme “A vous de juger”, A. Chabot (et A. Duhamel) s’est essayée à la dédiabolisation. Approche faisant du FN, des interlocuteurs “normaux” de la démocratie. Peut-on pourtant avoir un débat démocratique sur la xénophobie ou le racisme ? Que l’on puisse diverger sur le financement des retraites est une chose. Que le point de passage de l’objet du débat se situe sur la qualité d’Humain est une toute autre affaire. Ce que l’on ne semble pas comprendre en “tolérant” la discussion, emportée qu’elle sera au fond du cloaque réactionnaire. Une pensée qui focalise toutes les attentions, élections obligent. Car la question qui brûle les lèvres n’est plus comment va-t-on vivre ensemble dans un univers qui s’atomise, mais quel sera le score du FN ? La dédiabolisation donc, une attitude simple, apparemment de bon sens qui attend du débat une révélation. Le problème du FN c’est qu’il n’a rien à révéler, rien à discuter. Dédiaboliser, ce qui sous entendait diaboliser. Mais qu’est ce que diaboliser ? Mettre en exergue des propositions crypto-fascisantes, comme étant crypto-fascisantes ? Diaboliser c’est dire d’un raciste qu’il est raciste ? Une autocensure plutôt.

La Grande victoire du FN consiste à tout focaliser autour de l’immigration et de l’insécurité. Aujourd’hui, par un étrange basculement, il n’y a plus un problème qui ne se résolve hors de ces prismes. L’éducation, le financement de la sécurité sociale, la dette publique ou l’on sait quoi, trouvent toujours une issue dans l’une et/ou l’autre de ses deux thématiques. Un tour de force qui met ce parti non démocratique au centre du jeu démocratique. On a pu alors goûter à quelques tranches d’ignominie, qui laissent coi l’auditoire un tantinet éveillé. Des assertions tenues pour vérités, infectes. Avec M. Le Pen on a sombré dans le glamour fétide. Le journalisme politique ne montre plus rien, il laisse se dérouler une succession d’affirmations entrecoupées de vagues questions sur des problèmes qui sont étrangers à tous les protagonistes du plateau. De la politique et du journaliste hors sol stipulant pour autrui. Une dimension parallèle où l’on fait du bruit avec sa bouche pour occuper le temps. Avec une différence notable, certaines sonorités sont plus chargées que d’autres.

Pour M. Le Pen, la France “importe des étrangers” comme on importe des chemises ou du saumon. Une tournure d’esprit d’apparence anodine, et qui pourtant est plombée d’idéologie. Personne ne lui fera remarquer que l’Homme n’est pas une marchandise. Ainsi, les phénomènes migratoires ne sont pas (tous) des transactions commerciales relevant du commerce international. À moins de penser dans une grande unité analytique que tout se vaut sur le grand marché global. Un univers simpliste où débondent les penseurs modernes. Il suffit de lire les élucubrations d’I. Rioufol ou E. Zemmour. Pour qui le peuple n’a de réalité que lorsqu’il reprend les choses en mains, comme les Suisses, et se prononce fermement sur les minarets ou les étrangers délinquants. Rejoignant la thèse de l’homme “marchéisé”, ils protestent contre le “mondialisme” qui par “l’importation” de marchandises étrangères (Humains inclus) dégrade l’unité nationale. En oubliant précisément qu’il existe une différence notable entre un être humain franchissant une frontière, et un conteneur de matériel électronique. Avec des conclusions différentes, ils recoupent les thèses libérales dans la frénésie du “tout marché”. Du “tout négociable”. Le roman mythologique national en moins.

(à suivre le 14.12.2010)

Vogelsong – Paris – 11 décembre 2010

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19 réflexions sur “La dédiabolisation glamour #1

  1. « En oubliant précisément qu’il existe une différence notable entre un être humain franchissant une frontière, et un conteneur de matériel électronique. »

    c’est tout à fait ça!
    On a très très peu parlé dans les médias, des négociations entre Kadhafi et l’Europe au sujet de la « gestion de flux migratoires »
    je te mets le lien vers mon billet car en faisant des recherches sur les conditions de voyage des migrants, j’ai trouvé des chiffres…monstrueux et ces fameux accords avec Kadhafi
    http://www.celestissima.org/un-cimetiere-nomme-mediterranee/

    bonne journée

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  2. Tu n’ignores pas que nos approches divergent sur la question de la « diabolisation du FN ». Je n’ai pas vue l’émission de Chabot, ni la façon dont les journalistes sur le plateau ont conduit l’interview de Marine, qui j’imagine justifierait une note à elles seules.

    La question qui se pose est : « doit on, ou non, diaboliser le FN »? Entendons nous d’abord sur la signification du mot « diaboliser ». Diaboliser les Lepen, ce n’est pas dire que ses idées sont xénophobes et anti-républicaines, ce qui ne consiste non pas à le diaboliser, mais à le révéler tel qu’il est. Non, les diaboliser, c’est plutôt décréter qu’ils ne sont pas légitimes, qu’ils n’appartiennent pas à la sphère du débat public et donc qu’ils n’existent pas. Face à la créature difforme de la xénophobie, on choisi l’esquive et le déni. Et pourtant, le Front National est un parti officiel, reconnu et légal. Et pourtant le FN peut se targuer d’être dans le Top 4 des partis politiques français, il peut se vanter de faire régulièrement des scores à 2 chiffres, notamment dans le cadre d’élections nationales. Comment se positionner par rapport à cette réalité ? L’ignorer ? Se battre pour obtenir l’interdiction et la dissolution du parti ? L’affronter ? Designer ses électeurs comme citoyens auto-relégués dans une seconde zone, zone dont on combat l’existence par ailleurs ?

    Evidement, les thèses FN viennent abîmer, ébranler, compliquer le vivre ensemble. Le FN prétend faire « le bonheur des uns avec le malheur des autres » (R. Dati – Dec 2010). Le FN a surtout intérêt a faire croire à la solution magique : une fois l’immigration stoppée nette, et les immigrés expulsés, la France redeviendra une puissance compétitive renouant avec son passé et ses racines chrétiennes (sic). Au nom du bagage (assez flou) des valeurs républicaines, on exclut le FN du débat. Ce faisant, on donne l’impression d’écarter des « solutions valables » sur l’autel des valeurs communes (dont je rappelle je rappelle le caractère confus) et on accrédite l’idée que le FN est porteur d’une « solution incompatible avec nos valeurs, mais une solution valable, sérieuse, efficace ». Et c’est là, me semble t-il que se trouve le vrai piège. Le FN est a combattre sur le terrain du réalisme (terrain qu’il prétend occuper seul), de la crédibilité et de la cohérence. Tant que le parti sera considéré comme une formation légale et légitime, c’est le seul terrain, à mon sens, sur lequel il faut l’affronter, car c’est là ou il est le plus vulnérable.

    Pour en revenir sur l’infranchissable limite de la « qualité de l’humain » , j’ai découvert au fil des mes conversations avec ceux que j’appelle « les flippés du bocal », (convaincus que la France, par exemple, est sur le point de basculer dans la charia) qu’ils conféraient des attributs presque surhumains à l’ennemi désigné. Celui-ci serait plus fort que le droit, plus puissant que la République, cet ennemi là serait doté de pouvoirs inouïs. C’est d’ailleurs un des seuls points sur lequel le frontiste est cohérent, comment une république à laquelle il ne croit plus, pourrait servir de rempart à cet ennemi imaginaire venu l’assiéger ?

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    • La question qui se pose d’abord, est-ce que l’on a diabolisé le FN. Lui a-t-on accolé des spécificités qu’il n’avait pas. Finalement, je ne le crois pas. On appelle un chat, un chat, une xénophobe, un xénophobe.

      Personne n’a réussi à combattre le FN. Ni sur le réel, ni ailleurs. F. Mitterrand par exemple déclarait en 1970 (oui en 1970) « Le seuil de tolérance est dépassé depuis des années » (source les mots sont importants).
      J.P. Chevènement en 1997 « L’immigration est absorbable à petites doses ». Je passe sur la fameuse sortie de L. Fabius et sur les écarts de M. Valls et G. Frêche. Ce petit catalogue non exhaustif ne vise pas à flinguer du socialiste. Mais plutôt à montrer l’inefficacité de posture responsable et réelle.

      D’autres partent, je pense, qu’il faut bien analyser le problème. Sur ce blog il est souvent fait mention de la structuration de l’électorat FN. A la différence de P. Perrineau, ou R. Yade, les jeunes ne votent pas FN. Les « anciens gauchistes » non plus. Les études que cite P. Tevanian ou E. Lecoeur montrent plutôt une abstention de cet électorat. Dans le même temps une radicalisation de l’électorat de droite. En proportion les chefs d’entreprises votent plus FN que les ouvriers ( https://piratages.wordpress.com/2010/08/01/la-constante-raciste/ ). Ainsi qu’une classe moyenne en terreur du déclassement, mais non déclassée. Les gueux ne votent plus. Et la victoire est là. Non pas le fantasmatique électorat du Front National qu’il faut bichonner.
      D’ailleurs les chiffres en nombre de votants, pas en % sont édifiant. Les augmentations en proportion sont souvent dues à l’abstention.

      Je parle dans la seconde partie des arguments comptables pour argumenter l’immigration. Qui sont finalement aussi ignobles que les arguments comptable pour la refuser. Un pis aller.

      Sur l’interdiction tu remarqueras que jamais aucune tentative sérieuse n’a été tentée. On peut se demander pourquoi.

      Enfin et surtout, je ne prétends résoudre. Je constate juste que la France n’est pas Henin-Beaumont. Que les vérités ressassées sur le FN dans les médias en particulier sur l’électorat ne sont pas tout à fait justes.
      Je constate aussi qu’il faut refréner sa rage pour ne pas diaboliser. Intégrer la haine de l’autre pour l’amadouer afin qu’il ne vote pas ignoble. On est foutu dans ce cas.

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      • La question qui se pose d’abord, est-ce que l’on a diabolisé le FN. Lui a-t-on accolé des spécificités qu’il n’avait pas. Finalement, je ne le crois pas. On appelle un chat, un chat, une xénophobe, un xénophobe.

        Tu reviens sur la définition de la diabolisation dans ta dernière note. Elle me va. Et dans ce cas, bien entendu, il ne sera jamais question de dé-diaboliser le FN. Le FN est xénophobe, anti-égalitaire, ultra-libéral et profondément anti-républicain. Voila. Sur cette base, jamais, plus jamais tu ne m’entendras dire qu’il faut dé-diaboliser le FN.

        Ceci dit, une autre définition est disponible sur Wikipedia « La diabolisation est un procédé consistant à donner une forte connotation négative à une idée, un groupe ou un individu, de sorte que sa seule évocation suscite une réaction de rejet. Il s’agit, en général, d’un conflit entre un groupe considéré comme « dominant », garant d’un conformisme, et un groupe « déviant » à ce conformisme. La diabolisation peut être indistinctement le fait de l’une ou des deux parties. À la longue ces parties tendent à accentuer cette polarisation et à se définir par leur opposition : « nous sommes tout le contraire de ce qu’ils sont, c’est-à-dire que nous représentons le bien car eux représentent le mal».
        La diabolisation apparait alors moins pertinente. N’entend t-on pas a longueur d’intervention à droite, un combat s’affirmer contre les bien-pensants, les bonnes âmes, le « politically- correct » ect… La diabolisation peut aussi s’avérer être un terrain glissant, comme toute tentative de délimiter le « bien » et le « mal ».

        Personne n’a réussi à combattre le FN. Ni sur le réel, ni ailleurs. F. Mitterrand par exemple déclarait en 1970 (oui en 1970) « Le seuil de tolérance est dépassé depuis des années » (source les mots sont importants).
        J.P. Chevènement en 1997 « L’immigration est absorbable à petites doses ». Je passe sur la fameuse sortie de L. Fabius et sur les écarts de M. Valls et G. Frêche. Ce petit catalogue non exhaustif ne vise pas à flinguer du socialiste. Mais plutôt à montrer l’inefficacité de posture responsable et réelle.

        « Le racisme, la xénophobie sont des sentiment très rependus » concluions nous, Seb, toi et moi, un beau soir d’été ;) La droite et la gauche développent chacune une forme d’hostilité vis-à-vis de telle ou telle catégorie d’individus. A droite, un « bon arabe » boit de la bière et ne fait pas le ramadan. A gauche, un « bon Arabe » ne vote pas à droite. On a tous en nous cette forme d’hostilité ciblée, réservée à tel ou tel individu (tiens, un exemple au hasard, combien signeraient des 2 mains la déchéance de la nationalité pour les exilés fiscaux ?). Je sais qu’il est confortable d’imaginer que ces tares si communes sont réservées exclusivement aux frontistes, que le sentiment anti-républicain est le monopole des extrêmes, mais ça me semble ne pas refléter la réalité. La différence (et elle est de taille!) entre un frontiste et un non-frontiste, c’est que le non frontiste ne fait pas reposer l’ensemble de son projet politique sur ses déviances et ses craintes. D’où l’importance de combattre le projet (lequel est chimérique, incohérent et sournois, le combattre ne semble pas être un projet irréalisable)

        D’autres partent, je pense, qu’il faut bien analyser le problème. Sur ce blog il est souvent fait mention de la structuration de l’électorat FN. A la différence de P. Perrineau, ou R. Yade, les jeunes ne votent pas FN. Les « anciens gauchistes » non plus. Les études que cite P. Tevanian ou E. Lecoeur montrent plutôt une abstention de cet électorat. Dans le même temps une radicalisation de l’électorat de droite. En proportion les chefs d’entreprises votent plus FN que les ouvriers ( https://piratages.wordpress.com/2010/08/01/la-constante-raciste/ ). Ainsi qu’une classe moyenne en terreur du déclassement, mais non déclassée. Les gueux ne votent plus. Et la victoire est là. Non pas le fantasmatique électorat du Front National qu’il faut bichonner. D’ailleurs les chiffres en nombre de votants, pas en % sont édifiant. Les augmentations en proportion sont souvent dues à l’abstention.

        Je n’ai pas eu le temps de creuser les 2 visions que tu présentes (Le caractère anti système du vote FN non plus). Je vais le faire, j’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler.

        Je parle dans la seconde partie des arguments comptables pour argumenter l’immigration. Qui sont finalement aussi ignobles que les arguments comptable pour la refuser. Un pis aller.

        Si on défend une politique d’immigration ouverte sous prétexte que (et seulement si) celle-ci est économiquement favorable au pays, on fait du Lepen, en effet. Par contre, si on rétorque aux frontistes qui affirment que l’immigration est un coût par la démonstration du contraire, on ne fait que rétablir les faits. C’est une nuance importante.

        Sur l’interdiction tu remarqueras que jamais aucune tentative sérieuse n’a été tentée. On peut se demander pourquoi.
        Je me pose la même question. Il faudrait que je relise les statuts du parti. Ceci dit, qu’obtiendrait on si on interdisait le FN ?

        Enfin et surtout, je ne prétends résoudre. Je constate juste que la France n’est pas Henin-Beaumont. Que les vérités ressassées sur le FN dans les médias en particulier sur l’électorat ne sont pas tout à fait justes. Je constate aussi qu’il faut refréner sa rage pour ne pas diaboliser. Intégrer la haine de l’autre pour l’amadouer afin qu’il ne vote pas ignoble. On est foutu dans ce cas.

        Pas la haine… la peur ;) Face à un comportement irrationnel (j’exclue bien entendu les idéologues et autres opportunistes politiques) pourquoi serions nous tenu de rester sur un terrain strictement émotionnel ?

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        • Concernant la définition. Je t’avoue que je préfère celle du Petit Robert. En toute bonne mauvaise foi.

          Je ne suis pas un grand fan du « bien » versus le « mal ». Cela étant dit même avec la seconde définition, on peut se positionner. C’est le grand jeu de Rioufol d’ailleurs. Qui tient à peu près cette position. Genre l’anti racisme n’est pas le contraire du racisme. Une pensée qui se veut complexe, mais qui est rustre.

          Un pourra être d’accord sur le second point, en l’occurrence, le raciste est une spécifié bien partagée.

          « le combattre ne semble pas être un projet irréalisable »
          J’attends la feuille de route et la stratégie.

          Concernant le bilan comptable oui et non. Oui, car tu vas remporter une bataille. Non parce que tu mets le doigt dans un engrenage chiffré dangereux. J’imagine aisément, une réponse du type, « l’immigration est une bonne affaire, mais certains sont plus une bonne affaire que d’autres ». Et imagine, pure spéculation, que l’on met en place une immigration choisie….

          Sur l’interdiction, l’idée a été abandonnée au début des 90. Une petite entreprise médiatique et électorale comme celle-là ne se ferme pas.
          Électoralement, je pense que l’on obtiendrait plus d’abstentions.
          Tu noteras qu’on a interdit les « identitaires ».

          La haine, la peur. Les deux. La bêtise. Je présume plutôt que ce sentiment de racisme si largement partagé est à la fin des fins de la haine. Qui a franchi le niveau de la peur. Un rejet assumé tel que nous le voyons aujourd’hui…

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  3. Très bon. J’ai noté qu’une des techniques de dédiabolisation des idées étaient la réappropriation de termes progressistes : laïcité, féminisme, liberté d’expression. Tu montres que cela se joue aussi sur des termes « gestionnaires », comme « importer », termes dont l’objet est d’anesthésier, de rendre « neutre »…

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  4. Paradoxe déchirant : si on voulait vraiment jouer le jeu du réalisme pur et dur face à Le Pen (quitte, au passage, à banaliser à la fois la marchandisation de l’humain et l’entrée de la xénophobie dans le débat public), il faudrait lui rétorquer que justement, « importer » des étrangers est bon pour la France, économiquement parlant ! Que, par exemple, les étrangers paient nos retraites, puisque le bilan des prestation sociales qu’ils reçoivent par rapport aux impôts et cotisations qu’ils payent est positif. Courrier International avait récemment publié là-dessus un papier très parlant.

    Mais soit on ignore ce fait, tant à droite qu’à gauche, soit on n’arrive pas à y croire (ou on imagine que les électeurs ne voudront pas entendre cet argument). Et donc on n’en parle guère. Le thème des étrangers est quasiment toujours lié à celui de problèmes à régler, même chez ceux qui prônent des solutions plus humaines et plus démocratiques que le FN…

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    • Sur le premier point, je le traite dans le second billet. L’acceptation comptable de l’étranger me semble aussi ignoble que son refus.

      Tu as raison « le problème de l’immigration », et non « la question… » par exemple.

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  5. Pingback: Front National : l’inutile diabolisation. – «L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles» - G. Bernanos -

  6. « À la fois dedans et dehors, le Front National relève de l’objet politique inabordable.  »
    Inabordable, je ne sais pas.
    Infréquentable, à coup sûr…
    Cela dit, pourquoi ne pas traiter par le mépris un discours qui ne mérite pas autre chose ?
    Et surtout pas cette levée de bouclier de la bien-pensance politiquement correcte.
    C’est inefficace, agaçant et surtout dans le courant de la « cuculterie » actuelle.

    Quand on vous demande votre porte-monnaie, vous vous contentez de remarquer « c’est pas mignon ! » ? ou vous rêvez d’avoir un manche de pioche ?

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    • « Cela dit, pourquoi ne pas traiter par le mépris un discours qui ne mérite pas autre chose ? »
      Parce que compte tenu de la forte abstention, il a un poids electoral à 2 chiffres.

      Je suppose que l’indignation face à la xénophobie n’est pas de la cucuterie.

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      • Cela rejoint la question sur comment contrer le FN, et pourquoi expliquer un tel « carton » dans les médias. Le FN se base sur certains éléments pour être audible : émotion, spectaculaire, fascination de la solution simple, rapide, providentielle. Mettre une vidéo YouTube avec un noir qui insulte un blanc : émotion de l’instant érigée en Vérité Nationale. Les prières dans la rue comparée à l’occupation nazie : irrationnel spectaculaire, bruit, buzz, matière à commenter. Ces ressorts là sont, il me semble, les mêmes prisés par la bulle médiatique. Usagers pris en otage pestant farouchement sur le quai d’une gare, faits-divers incongrus, Grenelle de tout, des chiens méchants, de la neige, du football, de l’internet, pour tout régler d’un coup de boutoir, façon homme providentiel … voit-on autre chose au JT ?

        A contrario, une analyse mesurée, approfondie, modérée, qui veut tenir en compte toutes les données d’un problème, elle sera pour Arte à 2h du matin. Ainsi le FN et le JT s’emboite comme dans un jeu d’enfant. Le pire est que je ne pense même pas les médias fascisant dans cette dédiabolilsation : le FN est un bon client, il pousse bien dans un tel éco-système. Le FN s’est-il adapté ? La gauche doit-elle suivre dans ce barnum, toujours sommée répondre « mieux » à des questions , qui du fait qu’elles soient placée au cœur du débat, ont déjà triomphé ?

        Si on y réfléchit un peu, le fait, par exemple, que les Irlandais doivent payer pour les erreurs irresponsables des banques, établissements privés, me parait spontanément cent fois plus scandaleux qu’un minaret qui pousse quelque part. Pourquoi un tel constat n’a-t-il pas plus d’écho ? Mystère.

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  7. Pingback: PIRATAGES | JEAN-JACQUES & LUCIANA vous salue

  8. Déesse K
    Je suis déesse… K… une lettre, puis l’esprit qui s’en va…
    Je n’ai pas besoin de me présenter…Parce que je ne suis pas encore en mesure de vous dire si je vais me représenter aux primaires.
    En vertu de ce que je suis censé faire, pour moi, ça reste secondaire.
    Tout ce que je puis vous dire, c’est que je n’ai rien à dire… Les élections… même pas la peine de m’en parler.
    Toutefois et pour ne pas pratiquer la langue de bois, je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=DeesseK

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  9. Pingback: Variae › Sympathy for the devil

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