Entretien avec N. Dupont-Aignan – Le pouvoir a perdu le pouvoir

Il reste encore à droite, après la mise au pli Sarkozienne, un mouvement politique républicain, souverainiste et gaulliste. N. Dupont-Aignan fondateur de "Debout la République" a fait sécession en 2007 des cohortes bien alignées de l’UMP. Cet homme ancré à droite s’indigne de la trahison du peuple et dresse un constat peu amène sur le sarkozysme, la gauche laxiste, la construction européenne. Dépositaire de valeurs conservatrices et attaché à la nation, il se présente, malgré de faibles scores, comme un concurrent respectable et une alternative crédible.

Perte de valeurs, trahison du peuple, délocalisation du pouvoir

Drapeau_France_1N. Dupont-Aignan n’est pas avare de critiques, et il en délivre magnanimement à droite comme à gauche. Le diagnostic sur la perte des valeurs est terrible. A droite. Le RPR avait commencé a tourner le dos au Gaullisme, l’UMP a définitivement rompu. La nouvelle stratégie des conservateurs hexagonaux s’oriente plutôt vers le libéralisme économique. La création de "Debout la République" à l’intérieur de la structure n’empêchera pas la marginalisation des idées gaulliennes. Après l’avènement de N. Sarkozy, la page historique (gaulliste) est définitivement tournée. En 2007, la rupture est consommée, "la fondation de l’UMP a soldé ce qui restait de gaullistes au RPR". C’est donc à l’extérieur du parti hégémonique que s’incarneront les idées du Général selon N. Dupont-Aignan.

La gauche s’est aussi fourvoyée. Elle traîne depuis 20 ans sa trahison populaire, et a perdu toute crédibilité. Elle n’a pas su empêcher la paupérisation des couches peu favorisées, ni s’opposer efficacement au détricotage des services publics. En plus d’être laxiste, le parti socialiste "s’est embourgeoisé". Loin du peuple, loin de ses bases, le député de l’Essonne croit que "la solution ne viendra pas de cette gauche molle", en ce sens "le parti de gauche ne s’y est pas trompé".

"Au delà des clivages droite-gauche, ce qui fonde l’exception française est piétinée par la caste oligarchique qui nous gouverne".Tous les partis de gouvernement ont livré la France aux forces économiques globales. La mondialisation, par le changement d’échelle des forces économiques qu’elle implique est contradictoire avec le maintien de la démocratie au niveau national. Le pouvoir s’est délocalisé, "Bruxelles pour la commission, Luxembourg pour la cour de justice, Francfort pour la BCE, la Chine pour les règles du commerce internationales, les USA pour le dollar". L’abandon du pouvoir aux intérêts extérieurs qui entraîne des féodalités intérieures débouche sur le discrédit de l’action politique, "le pouvoir a perdu le pouvoir". Les hommes politiques ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis en se dépossédant de leurs moyens d’action. Ils ont livré les instruments qui permettaient de gouverner, on "est donc réduit au ministère de la parole".

Projets et Perspectives

N. Dupont-Aignan souhaite revenir aux fondamentaux de la République qu’il résume comme : "La démocratie du peuple, pour le peuple, par le peuple". Il se démarque du libéralisme et de l’antiétatisme communément rabâché à droite, "la République c’est aussi un état fort, un état stratège". Dans ce registre, il met l’accent sur "l‘école publique méritocratique, qui élève au lieu d’abaisser", puis sur les services publics qu’il veut "très présents sur tout le territoire". Somme toute, il s’accroche au maintien d’une particularité nationale.

Face à l’atteinte de l’exception française, le défi est d’expliquer aux Français qu’ils ne s’en sortiront pas s’ils ne reprennent par leur destin en mains, "une nation (comme la France) ne peut pas se suicider". Il faut, selon N. Dupont-Aignan sortir de la résignation et de la retraite du "jardin familial", face à l’impression d’impuissance, subir son sort et se replier sur des intérêts domestiques. Pour en sortir, deux défis prioritaires doivent être relevés : l’emploi dans la guerre économique mondiale, et la cohésion nationale et sociale. Sans ces deux axes, "nous aurons la paupérisation d’un côté, la guerre civile de l’autre !".

Pour survivre dans la jungle commerciale globalisée, "on ne peut avoir des charges plus élevées que les autres, un euro surévalué, et un libre échange total. Soit, la France sort de l’euro pour dévaluer dans un libre échange intégral, soit l’Europe met en place un protectionnisme, soit les normes sociales européennes se mettent à niveau et nous vivrons comme des chinois !". N. Dupont-Aignant se prononce nettement en faveur du protectionnisme avec une stratégie économique de puissance. D’ailleurs, il partage les thèses d’E. Todd du livre "Après la démocratie" sur l’impasse du libre échange et l’impérieuse nécessité d’une régulation des échanges internationaux. À terme, les déficits publics ne pourront pas supporter la charge que fait peser la mondialisation. À quinze ans, à paramètres constants, si rien ne change, c’est le déclin, le "décrochage massif" qui attend la France.

Politique internationale et construction européenne

Si le Sarkozysme n’a qu’une seule cohérence, c’est l’alignement au néo-conservatisme (atlantiste) US. La France abandonne ici encore sont exception. La particularité des relations avec les pays arabes, l’indépendance par rapport aux USA installaient l’hexagone comme une puissance spécifique, écoutée, entendue, certaines fois. Comme présidentiable, N. Sarkozy n’avait pas annoncé l’intégration dans l’OTAN, il a envoyé plus de 3 5000 soldats en Afghanistan. Le coulage dans la masse des forces proaméricaines relègue définitivement la France au rang de puissance secondaire, et de plus "c’est une politique qui ne rapporte rien".

La construction européenne s’est faite aux dépens des peuples. La mythification du concept Europe met la France en danger vis-à-vis de ses voisins. Selon N. Dupont-Aignan, naïfs, les Français "rêvent la vie". Cette Europe fantasmée pourra "peut-être" naître dans 200 ans. L’Euro, pour la France, est un boulet qui "va exploser dans les deux trois ans qui viennent". Plus globalement, l’inconsistance caractérise la tour de Babel européenne, une concurrence d’intérêts divergents où Français, Anglais, Allemands, pays d’Europe centrale et orientale n’ont pas de projets communs autres que simuler une entente. La sortie de l’ornière européenne passe par la coopération au coup par coup entre états volontaires, car " l’Europe des 27 n’est plus l’Europe des 6". Et ce malgré les mirifiques promesses sur les institutions qu’est censé apporter le traité de Lisbonne. Le député concède que "L’Europe est indispensable pour que la France pèse dans le monde". Mais "la France est en position minoritaire sur tous les sujets qui font son exception, c’est-à-dire la laïcité, le protectionnisme, les services publics". L’hexagone est (devenu) "l’associé minoritaire de l’Europe". Il en conclut par delà les affichages béats que "l’Europe sera estimée des habitants quand elle aura produit des résultats pour les habitants".

Censuré lors du résultat des élections, N. Dupont-Aignant déclare être dangereux pour la cohésion de l’UMP, " je ne suis pas un extrémiste de droite, un De Villiers ou un Le Pen, je suis un type raisonnable qui ne rentre pas dans la ligne et qui ne dit pas des choses "raisonnables", mais des choses plus vraies que vraies".

Voir aussi :

ReversusEntretien avec Nicolas Dupont-Aignan

Intox 2007 – Le plan secret de NDA

N. Dupont-Aignan sur la liberté et Internet

Vogelsong – 18 octobre 2009 – Paris

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11 réflexions sur “Entretien avec N. Dupont-Aignan – Le pouvoir a perdu le pouvoir

  1. Lorsque vous cesserez de croire que ce sont les élus qui ont le pouvoir, on pourra peut-être avancer.
    La politique n’est que de la diversion. Le pouvoir est ailleurs.

    Vos chers élus se moquent de vous. Ils ont bien raison.
    Ils ne sont que des marionnettes d’un grand guignol.
    Le pouvoir est dans les mains de ceux qui contrôlent le capital de la Dette publique. (Pour la France, cinq fois le budget net de l’État.)

    Le « capital de la Dette publique » gagne à pourrir la vie du plus grand nombre. C’est de cette façon qu’il s’est construit. (Misères et maladies)

    Le capital de la Dette publique est entre les mains de ceux qui bénéficient de la loi 1905. La loi 1905 défiscalise les immenses revenus des « curés ».

    Le Grand Guignol politique
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/

    Le bourbier européen
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2009/05/09/le-bourbier-europeen.html

    L’EUROPE

    Les Français sont revenus à la situation du début des « années 40 ».
    Ils sont soumis à :
    - Une monnaie d’occupation ;
    - Des journalistes d’occupation ;
    - Des mœurs judiciaires dignes du nazisme ;
    - Des collabos financés et au service de qui ? L’Europe, les Américains, ou le Vatican ?

    Néanmoins, dans les moyens mis en œuvre par l’Europe pour asservir les foules on reconnaît les méthodes de curés :
    - « Générer l’incompréhension, les désordres, la délinquance, la criminalité, l’injustice, la misère, les maladies, les épidémies, les conflits, les guerres, les famines, etc. »
    Le tout reposant sur l’ignorance et les mensonges permanents avec lesquels les individus sont douchés par les médias.

    L’EUROPE des curés
    http://mondehypocrite.midiblogs.com/archive/2009/06/22/l-europe.html

  2. Idem que mon copain Nicolas. Mais je ne suis pas objectif, j’aime bien (beaucoup même) NDA.

    Maintenant, est il audible ? Peut on être audible quand on est de droite et non sarkozyste ?

    Bon billet en tous cas. Bonne journée

  3. Attendons désormais le point de vue de Mancioday , joyeux oui-ouiste un peu étrillé par NDA.
    Sinon je ne pense pas qu’on puisse le qualifier de "conservateur" à 100%, pour ça nous aurions du le questionner sur les questions de société.

    En tout cas, un truc a poser lors d’autres ITW : l’UE, ou plutôt la CEE est née en pleine guerre froide. Donc comme "opposition pacifique" au pacte de varsovie.. et la fin du pacte de varsovie a signé la fin de la construction européenne fédéraliste déjà bien attaquée.

  4. Ping : Entretien avec Nicolas Dupont-Aignant | Reversus

  5. Son discours est à la fois séduisant dans l’analyse et dérangeant dans les solutions proposées. Dans le sens où je pense pas que le "rêve européen" mérite d’être encore entretenu. Alors après on peut me taxer de naïveté, c’est certain ;)

    Bravo en tout cas à Vogel pour la belle synthèse.

  6. Interview très décevante où NDA confirme qu’il vise actuellement un créneau clairement situé à droite espérant certainement surfer sur la déconfiture de l’UMP empêtrée dans les affaires de la taxe carbone ; Fred. Mitterrand ou Jean Sarkozy… quelle ambition !

    Le gaullisme n’est pas et ne sera jamais un faire valoir pour ressusciter la droite, fut-elle républicaine.

    En cela NDA prouve une nouvelle fois qu’il n’a rien compris au positionnement politique des valeurs qu’il entend défendre.

  7. Charles Pasqua vient d’être condamné à un an de prison ferme. Charles Pasqua n’a pas été sauvé par Nicolas Sarkozy. Du coup, Charles Pasqua veut entraîner dans sa chute tout le clan Balladur-Sarkozy !

    Sur France 2, mardi 27 octobre dans le journal de 20 heures, Charles Pasqua balance en direct tout le clan Balladur-Sarkozy :

    - Charles Pasqua : Je demande au président de la République de lever le secret-défense sur TOUTES les ventes d’armes, sur toutes ces opérations qui ont été réalisées à l’étranger afin que l’on sache s’il y a eu DES RETOURS DE COMMISSIONS en France et qui en a bénéficié.

    - Marie Drucker : Vous pensez auxquels par ailleurs ?

    - Charles Pasqua : Moi, je ne pense à personne, moi. Moi, je suis très serein. »

    http://jt.france2.fr/player/20h/index-fr.php?jt=20091027&timeStamp=186

    1- Alors que Marie Drucker l’interroge seulement sur la vente d’armes à l’Angola, Charles Pasqua prononce soudain l’expression : « TOUTES les ventes d’armes ».

    Charles Pasqua élargit brutalement le sujet : il commence à parler de TOUTES les ventes d’armes, c’est-à-dire des ventes d’armes à d’autres pays que l’Angola : Charles Pasqua fait allusion à la vente des sous-marins au Pakistan en 1994.

    2- Charles Pasqua parle ensuite de « retours de commissions en France ». C’est un coup de tonnerre !

    Là encore, Marie Drucker ne l’a pas du tout interrogé une seule seconde sur cette possibilité de « retours de commissions en France ».

    C’est Charles Pasqua lui-même qui aborde brutalement ce nouveau sujet : il commence soudain à parler de rétro-commissions !

    Charles Pasqua fait allusion aux rétro-commissions liées à la vente des sous-marins au Pakistan.

    En 1994-1995, quand le clan Balladur-Sarkozy vendait des sous-marins au Pakistan, des commissions occultes partaient de France et elles étaient versées à des Pakistanais. En échange, les Pakistanais reversaient des rétro-commissions au clan Balladur-Sarkozy.

    3- Sur France 2, devant des millions de téléspectateurs, Charles Pasqua vient d’envoyer un message à Balladur et à Sarkozy. Ce message est le suivant : « Bon, d’accord, je viens d’être condamné à un an de prison ferme. Vous ne m’avez pas sauvé. Alors écoutez-moi bien : si je tombe, vous tomberez avec moi. »
    Vendredi 23 octobre 2009, dans le journal suisse « Le Temps », un article à propos de l’attentat de Karachi :

    Une enquête sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy.

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/35312a9e-bf4a-11de-b6d7-be89cc3615cf%7C1

    Les familles des victimes de l’attentat de Karachi écrivent sur leur blog :

    ” Pendant ce temps, Monsieur Sarkozy refuse toujours de nous recevoir, faisant de nous des parias … des indésirables au pays des non dits et des tabous !!

    Il n’est apparemment pas de bon ton, en France, de chercher la vérité à tout prix …

    Pour nous soutenir, signez la pétition :

    « NON AU MEPRIS DU CHEF DE L’ETAT A L’EGARD DES FAMILLES DES VICTIMES DE L’ATTENTAT DE KARACHI ! »

    http://www.verite-attentat-karachi.org/

    Affaire de Karachi : la Direction des Constructions Navales confirme la piste de rétrocommissions en France.

    http://www.mediapart.fr/article/offert/cf9dde56c3421bc95c3186b4e77456e2

    L’affaire qui pourrait faire exploser Sarkozy, Balladur et toute leur mafia :

    Karachi : la piste des rétrocommissions confortée.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20091017.OBS4905/karachi__la_piste_des_retrocommissions_confortee.html

    Dans les années 1993-1995, la guerre fait rage à l’intérieur de la droite française. Quels sont les deux clans qui s’affrontent ?

    1- Le clan du Premier ministre Edouard Balladur, son directeur de cabinet : Nicolas Bazire, le ministre du Budget Nicolas Sarkozy, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, le ministre de la Défense François Léotard, le directeur de cabinet de François Léotard : Renaud Donnedieu de Vabres, le conseiller de François Léotard : Hervé Morin.

    2- Le clan du patron du RPR Jacques Chirac.

    Edouard Balladur et Jacques Chirac sont tous les deux candidats à l’élection présidentielle de mai 1995.

    Quel a été le budget de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 ?

    Réponse :

    Le compte de campagne de M. Edouard Balladur est arrêté comme suit (en francs) :

    - Dépenses : Mandataire : 83 846 491 ; Partis politiques : 5 929 628 ; Avantages en nature : 0 ;
    Total : 89 776 119 francs.

    - Recettes : Mandataire : 85 676 060 ; Partis politiques : 5 929 628 ; Avantages en nature : 0 ;
    Total : 91 605 688 francs.

    http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/depuis-1958/decisions-par-date/1995/compte-balladur-1995/decision-compte-balladur-1995-du-11-octobre-1995.10707.html

    Edouard Balladur ne pouvait pas compter sur l’aide financière de son propre parti politique, le RPR. En effet, pendant la campagne présidentielle de 1995, le RPR finançait le candidat Jacques Chirac.

    Questions : en 1995, où le clan Balladur-Sarkozy a-t-il trouvé ces 90 millions de francs ? Comment le clan Balladur-Sarkozy a-t-il pu financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur ?

    Hypothèse : le clan Balladur-Sarkozy a signé un contrat de vente de trois sous-marins au Pakistan. Le clan Balladur-Sarkozy a versé 10 % de commissions occultes à des militaires pakistanais et à des personnalités politiques pakistanaises (la famille Bhutto).

    En échange, les Pakistanais reversaient des rétrocommissions au clan Balladur-Sarkozy.

    Samedi 17 octobre 2009, le journal Libération publie un dossier explosif à la une : « Révélations sur les pots-de-vin ».

    Gérard Menayas est l’ancien directeur financier de la Direction des Constructions Navales (DCN). Je recopie la page 4 du journal Libération :

    Gérard Menayas ne peut attester que de cet élément factuel : « Il est parfaitement exact que Ziad Takieddinne et Abdulrahman El Assir (les deux intermédiaires) ont été imposés à la DCN par le pouvoir politique, le ministre de la Défense ou son directeur de cabinet. »
    Il n’en faut guère plus pour semer la panique dans les palais nationaux. Jean-Claude Marin, procureur très en cour (chiraquien, puis sarkozyste), résume à sa hiérarchie l’embrouille à la manière d’un chanoine :
    « Un document non daté et non signé laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques, en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur en 1995. Le contentieux a été l’occasion de menaces proférées par les dirigeants des sociétés écrans de révéler la nature des missions qui leur avaient été confiées. »
    Dans ses carnets, Gérard Menayas qualifie Jean-Claude Marin de « petit frère »…

    http://www.liberation.fr/societe/0101597665-l-argent-au-c-ur-de-l-attentat-de-karachi

    Dans l’hebdomadaire Bakchich, mercredi 7 octobre 2009, page 4, Nicolas Beau écrit :

    « L’affaire qui hante les nuits de Sarko.

    Bakchich a consulté les cahiers de Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur financier de la DCNI (Direction des Constructions Navales Internationales). Nous en publions des extraits. Pour l’instant, le Parquet de Paris fait tout pour que ces éléments extrêmement sensibles soient exclus du périmètre de l’information judiciaire.

    Rédigés jusqu’en mars 2008, ces écrits ne constituent que des « allégations non vérifiées », comme le constate une note de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dont Bakchich a pu prendre connaissance. Reste qu’à l’Elysée, mais aussi chez les socialistes, on suit comme le lait sur le feu l’évolution de ce dossier judiciaire explosif.

    Passionnants à décrypter, les cahiers Menayas comportent de nombreuses initiales : NS pour Nicolas Sarkozy, JPP pour Jean-Paul Perrier, président de Thales International. Des codes apparaissent également : BACCHUS pour Jean-Marie Boivin, grand manitou des commissions ; DD pour Andrew Wang, l’intermédiaire flamboyant qui reçut près d’un demi milliard de dollars pour le contrat des frégates.

    1- Balladur et Guigou mis en cause.

    A propos du contrat des frégates, les cahiers Menayas révèlent que « l’un des principaux bénéficiaires serait Edouard Balladur. L’autre, Elisabeth Guigou, grâce à un système élaboré de prêts adossés. »

    Toujours d’après les cahiers Menayas, « les masses financières dont Andrew Wang assurait la circulation occulte étaient destinées à la France et, pour une part substantielle, à l’Allemagne. Pour notre pays, elles devaient revenir au Parti Socialiste, à des membres du Parti Républicain, et à des balladuriens, via Charles Pasqua. »

    Notons qu’une des rares traces de rétro-commission retrouvée par le juge suisse Paul Perraudin concernait Etienne Leandri qui, jusqu’à son décès en 1995, fut le grand argentier de Charles Pasqua.

    Ailleurs, Gérard Menayas note : « Les rétros JMP / Bravo (nom de code du procès des frégates) ont été rétrocédées à J.Y. Le Drian », ancien maire de Lorient.

    Enfin, « JPP (Jean-Paul Perrier) a utilisé la société Lobbying Transasia Developpement, présidée par Jean-Marie Cambacérès. » Jean-Marie Cambacérès, ancien député socialiste, était un spécialiste de l’Asie.

    2- L’Elysée suit le dossier de près.

    « Les autorités luxembourgeoises auraient découvert que NS aurait été intéressé à SW2 (le contrat de ventes de frégates à l’Arabie Saoudite) avec le concours de Nicolas Bazire, voire de Jean-Luc Lagardère, dont il a fréquenté les haras » note Menayas.

    Le nom de Nicolas Bazire, à l’époque directeur de cabinet d’Edouard Balladur, n’apparaît pas par hasard. Un rapport de la DNIF (Division Nationale des Investigations Financières), daté du 5 mars 2007, et versé au dossier des juges Hullin et Desset, revenait sur la création de Heine, une des officines luxembourgeoises créées par la DCNI : « Une chronologie fait apparaître que la création de la société Heine, au deuxième semestre 1994, s’est faite après accord de Nicolas Bazire et du ministre Nicolas Sarkozy », notait le rapport des flics financiers.

    D’après les cahiers Menayas, Nicolas Sarkozy aurait envoyé deux émissaires rencontrer Bacchus (Jean-Marie Boivin), l’homme-clé des commissions des constructions navales. Cette initiative, pouvons-nous préciser à Bakchich, date de l’époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur. L’enquête préliminaire qui devait aboutir à l’ouverture d’une instruction judiciaire était engagée. Il y avait le feu au lac apparemment.

    Par ailleurs, Bacchus aurait reçu plus tard un courrier à l’en-tête de la présidence de la République, de Claude Guéant, bras droit de Sarkozy, « s’excusant que le numéro 1 n’ait pas le temps de recevoir Bacchus », mais s’engageant « sur un RV avec Hervé Morin », ministre de la Défense.

    3- Un procureur de Paris prudent.

    Dans un courrier interne daté du 22 novembre 2007 et que le site Bakchich Info avait publié, le procureur Jean-Claude Marin avait effectivement averti sa hiérarchie qu’il allait « circonscrire » l’enquête aux éléments les moins sensibles…

    « JC Marin, petit frère, pilote l’instruction, dont il a sérieusement réduit le périmètre. Il y a malgré cela affecté deux magistrats de premier plan. C’est un opportuniste, balladurien reconverti à NS », note enfin Gérard Menayas.

    Nicolas Beau.

    Je relaie un appel à manif qui circule sur twitter et sur facebook :

    ” Comment peut-on nous faire croire qu’une personne, qui n’a jamais travaillé dans une entreprise, peut diriger un quartier d’affaires employant près de 150 000 personnes ?

    Je vous appelle donc à faire circuler cet évènement autour de vous et j’espère que vous serez très nombreux à participer de cet élan collectif.
    Ne laissons pas le principe de « majorité silencieuse » aux sujets des journaux télévisés. Montrons qu’il existe vraiment.

    Rendez-vous donc ce samedi 17 octobre devant la Grande Arche de La Défense à partir de 14h.

    Si, comme je l’espère, nous sommes nombreux, je propose d’organiser un SIT-IN silencieux à 14h30 précises. Je suis à l’écoute de toutes vos suggestions et accueille très favorablement d’autres volontaires.

    A bientôt, ”

    http://twitter.com/BrunoMYM

  8. Au même commentaire de BA, chez Rimbus, j’expliquais que ça me cassait les couilles de recevoir des mails quand BA commente un billet de blog où je suis déjà intervenu, sans se préoccuper du billet et uniquement parce qu’il a décidé de diffuser SON information valait plus que la prose de chacun des blogueurs.

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