La salle plénière de Reims livrée au fanatisme des supporters

allianz-arena2Les travées du congrès sont telles une tribune de stade de football. Les virages éloignés et pentus pour les populeux et les criards, les zones plates et ouatées pour le notable, l’apparatchik. Dans tous les cas, on y vient pour soutenir ses champions et voir du beau jeu. L’auditoire se compose en grande partie de délégués (élus). Un statut qui devrait leur conférer l’assurance et la retenue lors de moments cruciaux. Mais ce cénacle se transforme rapidement en horde. Pris individuellement et hors du chaudron, la parole est mesurée, sensée, responsable quant à l’unité du parti (que chacun sent en perdition). Collectivement ou lors d’une prestation, c’est une autre histoire. La haine surgit de tous côtés, des hommes en complets lancent des anathèmes, des mères de famille s’emportent sans retenue. Le climax est l’apparition de S.Royal le dimanche après-midi. Un moment pénible pour tous (même pour les hurleurs ?). À chaque référence christique de la dame, des lazzis fusent de la plèbe, pour se transformer en huées puis grondements. Une foule qui ne se contrôle plus; les individus sont seulement habités par la haine : « salope ! ». Choc émotionnel, la honte, la fuite.  D’un autre côté, certains, les yeux embués acquiescent chaque fin de phrase de leur cicérone, d’un « oui » illuminé, d’un convaincu « elle a raison », d’un évident « voilà ». Consternant, immature et fatigant.
Il y a quelques gestes parfaits, qui mettent la salle plénière en transe, rend l’instant unique. L.Fabius lors de sa magnifique intervention trouve le beau mot, le verbe juste, le ton combatif.
Mais finalement, cette ambiance, c’est celle d’un « kop » de supporters chauvins, bouffis de certitudes, de haine de l’autre, « psychonombriliste » jusqu’à en perde le sens du collectif.
La situation de la formation socialiste est dramatique. L’orientation politique et la désignation de son dirigeant peut susciter de l’enthousiasme grave et des débats sérieux. Ce n’est point le cas. Sur les estrades, en guise de discussions montent des cris, au lieu d’inspiration déferle du fanatisme. Affligeante ambiance.

Piratage(s) à Reims lors du 75e congrès du Parti Socialiste

Vogelsong – Paris – 16/11/2008

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