Les barons conservateurs (européens) narguent une gauche française masochiste

Devant un parterre hilare, le pitre de l’Élysée fait le show. Le 5 juillet 2008 à la Mutualité, le Président de la République Française, président de tous les français, rameute le parti régimentaire de droite avec des bouffonneries de comique troupier. Pourtant, derrière le masque débonnaire, ce sont les crocs acérés d’une majorité de plus en plus décomplexée, qui s’attaquent directement aux valeurs fondamentales d’une opposition virtuelle.

Lors de son intervention, débarrassé de ses tics nerveux, le césar de l’UMP s’en prend d’abord aux syndicats. Louant les changements profonds de la société française, il se félicite que les français ne s’aperçoivent plus des mouvements sociaux. Le carré d' »aficionados » est en pâmoison. Les costards anthracite vibrent à chaque balourdise du maître. Évidement, les Versaillais s’y était essayés à la mitraille. n.sarkozy, lui, c’est avec doigté et bonhomie qu’il mate les syndicats : flattant la croupe du « Chérèque » ou du « Thibaut ». Du petit électeur réactionnaire pestant le fonctionnaire à l’homme d’affaires « aisé », le service pantagruélique n’oublie personne.
Rappelant les ruades « lepenistes », le « caudillo » carlabruniste évoque la présence de ministres communistes dans les gouvernements de gauche. L’entente « socialo-communiste » chère au borgne de Saint-Cloud est dans les esprits. Au premier rang J.M.D.Barrosso, zélateur libre échangiste européen, est aux anges, incontinent de spasmes rigolards : la France moderne, dans l’Europe moderne est en marche.

On ne se fait pas dépecer en public, avec flashs, micros et caméras, sans raison. Fustigeant le vide idéologique de la gauche, le démocrate P.Devedjian tape niaisement, mais exactement où il faut. Pourtant, il suffit de compulser les contributions du PS, déposées une semaine avant pour s’assurer que des idées existent. Ce n’est pas un problème d’idées, mais d’exposition. Le PS en ordre dispersé livre le citoyen gavé de télévision à l’UMP. Le vide médiatique créé par un parti d’opposition seulement centré sur ses petits problèmes nombrilistes permet à chacun mais surtout aux plus benêts d’affirmer absolument n’importe quoi. Sachant que les journaux, aux ordres ou obséquieux, relaieront sans sourciller. Faute aux médias ou pas, la débandade est patente, et si du grain à moudre il y avait, caméras il y aurait !
On peut être pris de vertiges en voyant le président de la commission européenne apporter son crédit à ce lynchage en règle. Avec quelle force les dirigeants du PS à contresens des aspirations populaires avaient soutenu le TCE en 2005. Avec quelle mollesse ils ont accordé leur blanc-seing au traité de Lisbonne à Versailles. Pour leur rendre la politesse, le technocrate européen se présente là, expectorant en communion avec les barons UMP, à la figure de la gauche Française.
À force de discuter mollement, de se présenter en « réformateurs », les dirigeants syndicaux, humiliés à longueur d’hiver se font aussi piétiner à la Saint Jean. Le souvenir de la lutte acharnée, à mort, des cheminots pour leurs droits à la retraite est très prégnant. L’immense mobilisation des professeurs, cœur de l’électorat socialiste, face aux lois Darcos est aussi dans toutes les mémoires : il n’y a pas de hasard. Le mouvement social en France est repu de défaites isolées, de simulacres de négociations, de désertions. L’atomisation des forces sociales est presque achevée. La droite idéologique peut, aujourd’hui, sereinement plastronner.

C’est en raillant les symboles, les valeurs des luttes qui font la gauche, que le parti de droite extrême continue son œuvre de laminage idéologique. Ouvrage accompli, comme le claironnait il y a peu le très social F.Fillon. Et avec l’assentiment de tous, de tous bords.

vogelsong – Paris – 08 juillet 2008

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13 réflexions sur “Les barons conservateurs (européens) narguent une gauche française masochiste

  1. > Avec quelle force les dirigeants du PS à contresens des aspirations
    > populaires avaient soutenu le TCE en 2005. Avec quelle mollesse ils ont
    > accordé leur blanc-seing au traité de Lisbonne à Versailles. Pour leur
    > rendre la politesse, le technocrate européen se présente là, expectorant
    > en communion avec les barons UMP, à la figure de la gauche Française.

    Oh, on se réveille ! Barroso et Pöttering ne sont pas des « technocrates européens », ce sont les chefs de file de la droite européenne, qui, elle, gagne
    les élections : en 2004 au niveau européen, dans la grande majorité des états, et sans doute rebelote en 2009 ! La réalité est toute simple : l’Europe vote à droite. Et la France encore plus.

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  2. « Oh, on se réveille ! »

    Arrête tu me rappelles l’armée :)

    Sur le fond je maintien le terme de technocrate.
    C’est à dire désigné, et désincarnée, se fichant des aspirations populaires.

    Pour l’analyse électorale, elle est tienne.

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  3. Le probléme de la gauche française c’est aussi d’avoir voulu séparer les politiques du syndicalimse…et c’est la faute des syndicats qui via la charte d’Amiens entérinérent cela.Les autrements plus puissants syndicats suédois ou allemands n’eurent pas ces complexes et ces pudeurs effarouchées et les deux segments, qui ont vocation à être complémentaires, travailelnt de concert.

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  4. Romain,

    C’est pas plus mal (selon moi) qu’il y ai un césure entre syndicats et la gauche. Ce qui n’empêche pas des combats communs (35 heures ??).

    On devrait se demander si la puissance d’un syndicat se mesure en nombre ? A priori oui, mais ce n’est pas si simple.
    La question reste quand même la réelle implication de l’individu. je pense que la masse « centrise ». C’est mon avis et je n’ai pas d’exemple flagrant. :)

    J’ai souvenir du CPE.

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  5. Tiens, M. Fayard !

    Surtout, ne pas se laisser impressionner par son raisonnement. La vérité de l’Europe c’est qu’elle intègre un contenu réglementaire qui est de plus en plus à droite, et que même la gauche européenne (le PSE), dans ses composantes allemande et espagnole, a voté la directive « de la honte ».

    A partir de ce constat, deux solutions : soit on attend qu’une politique de gauche s’impose dans l’Europe des 27 (bientôt 28, 29, 30, pour les besoins de recrutement dans l’OTAN) ; soit on sort de l’Union européenne et on travaille à ce qu’une politique de gauche ambitieuse s’impose en France. Entre les deux solutions, j’ai fait mon choix.

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  6. @edgar
    Une politique de gauche, tout seul dans son coin? Mais ce n’est pas que de l’UE qu’il faudrait sortir alors, mais probablement rompre tous les traités et accords qui nous lient à divers partenaires.
    Désolé, sans moi.
    J’ai la faiblesse de croire qu’on pourra encore faire une Europe de gauche, fédérale et réellement sociale. Doux rêve ? Peut-être. Mais il me fait avancer.

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  7. Citoyens, réveillez-vous! Le PS n’est plus crédible …!

    Les syndicats n’ont pas encore évolué sur leurs : propositions, représentativités, motifs de revendication….

    Les politiques – de gauche et de droite –
    1/ se moquent des difficultés des français,
    2/ cumulent les mandats,
    3/ s’octroient des privilèges : régime de retraite, voitures/ appartements de fonction…
    4/ gaspillent et font des dépenses inutiles (voir les rapports de la Cour des Comptes et la revue « Capital » de juillet).

    STOP aux politiciens de gauche ou de droite: inconscients des Réels problèmes des français.

    Alors, réagissons et signons la pétition de:http://www.oeuvrer.org

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  8. Bonjour,

    Sur le cumul des mandat, je vous invite à lire l’analyse de Jean-Louis Bianco sur ce site.
    La situation est moins simple qu’il n’y paraît.

    Mon avis :
    Bien que le PS soit décrédibilisé, il reste le parti d’opposition en France. On y verra peut être plus clair après le congrès.

    Espérons le.

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  9. Réponse à Vogelsong.

    Après lecture de l’article de Jean-Louis Bianco sur ce site, ces propos sont peu crédibles sur :

    1/le cumul des mandats (voir les autres pays),
    2/les syndicats dans l’entreprise (il préconise des syndicats « forts » mais il ne se pose pas la question = pourquoi si peu de salariés syndiqués en France? de plus, il devrait savoir que se sont les petites entreprises qui recrutent le plus or dans ces petites entreprises, il n’y a pas de syndicats…).

    Je persiste donc le ps n’est plus crédible car trop éloigné des réalités et difficultés des français.

    Alors, réagissons et signons la pétition de:http://www.oeuvrer.org

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  10. Pingback: Nicolas Sarkosy | Pearltrees

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