Jusqu’où va-t-on dégringoler ?

Le président est au plus mal face à l’opinion, et cette situation peut être le ferment de dégâts inattendus. En particulier de graves troubles urbains. Nous le savons, le repli sécuritaire est le fort-Alamo de la droite.

L’opposition officielle et tous ceux qui pensent que n.sarkosy n’a pas la stature de sa fonction ironisent de la défiance qu’il suscite vis à vis de l’opinion. Selon LH2, 80% des français désapprouvent sa politique sur le pouvoir d’achat et sa popularité plafonne à 36 % (étude LH2 du 2 juin 2008). La fiabilité de ce type d’enquête devrait être discutée. Mais elle fait foi comme vérité dans la vie politique contemporaine.

Or depuis novembre 2007, Le jocrisse présidentiel a presque tout essayé. D’abord la normalisation privée complètement ratée avec une chansonnière germanopratine. Une posture qui devait réinstaller le chef de l’état dans une situation familiale stable, sachant que l’opinion, et en particulier l’électorat conservateur est sensible à ces valeurs. Même le coup double culturel n’a pas fonctionné. Ce fin connaisseur des arts nous avait habitués à la finesse de J.M.Bigard ou la classe de C.Clavier. Une chanteuse estampillée “arty” aurait pu redorer son statut, donner un peu de profondeur. Le rendez-vous de Disneyland débouche sur un résultat désastreux. L’image de l’adolescent hyperactif s’installe.

Pour les vœux 2008, le président fabriquera un symposium de presse, dans un décorum ahurissant. Le ton est à la rigueur volontariste. Plus personne ne s’y retrouve. Il veut “faire” président et comme récent ministre des finances, il lâchera un mémorable : “les caisses sont vides…”. Les français se souviennent des promesses sur le pouvoir d’achat, du “je ne vous décevrai pas” de la Concorde (avec M.Mathieu), mais surtout du paquet fiscal, et de l’augmentation “présidentielle” de ses émoluments.

Parmi les marottes de l’Elysée, il y a la mémoire et les petits enfants. Là,  toutes les occasions sont bonnes (on se souvient du résistant communiste Guy Moquet). Il propose au début d’année, le “parrainage” d’un enfant victime de la Shoah pour chacun des marmots de l’école primaire. La manœuvre est vile, l’idée inique. Mauvaise pioche et tollé général.

Au printemps, il remet ça avec l’esclavage et propose que ce fait historique soit enseigné à l’école primaire. Les médias relaient comme un seul homme. Puis on découvre que c’est déjà au programme. Quand le sort s’en mêle (et que les fiches sont mal préparées) !

Les municipales marquent un tournant dans l’interprétation politique d’un scrutin. Les citoyens dans l’ensemble donnent au même moment une majorité de communes au PS. Dans une décontraction apparente l’UMP entonne le refrain du scrutin local sans message national. De Strasbourg à Toulouse, de Paris à Pau, dans un même élan, un basculement radical à lieu, et rien ne se passe. Mauvaise foi crasse ou autisme ?

Le président sous la houlette de frais conseillers adopte une nouvelle stratégie. Fin du “bling-bling”, on met le costume et on va à Windsor…Pathétique. Il y annonce l’envoi de soldats français aux côtés des américains en Afghanistan.

Rien n’y fait. L’opinion boudeuse n’offre pas ses faveurs.

En avril, au son de trompettes et tambours, le mari de Carla Bruni s’exprime sur les grands médias. On prépare le terrain en amont deux jours avant, comme Pascal Perrineau lors d’une matinale radiophonique qui nous serine : “c’est l’image qui ne va pas, mais la politique c’est bon !”. On débriefe les deux jours suivants, pour un total de quatre journées exclusives d’intenses bourrages de neurones. Il nous (re)fait le coup de la pédagogie et du manque de communication. Le timonier admet des “erreurs”. Dans le monde réel, une erreur entraine une mise à pied. Les citoyens apprécient. Patatras, et sondages express en berne.

Presque à court d’idées on effectue une montée en pression, En mai, n.sarkozy et ses portes flingues s’en prennent directement à la presse. Estomaqués, nous découvrons que l’Express (hebdomadaire crypto-Marxiste) et le JDD (aux mains du vendeur de missiles Lagardère) le traiterait mal. Diantre ! On découvre aussi que l’AFP n’obéit pas aux injonctions du probe F.Lefebvre. Et c’est mal. Surtout en période de reconduction de crédits. Selon le président, sa très mauvaise côte de popularité est imputable à des médias récalcitrants. Rappelons qu’il fit une campagne sous le signe du volontarisme, abreuvant de promesses mirifiques des médias très attentifs. Aujourd’hui les mêmes lui auraient tourné le dos ? Nonobstant que depuis 2004 la presse n’a que très peu relayé son inaptitude à exercer les plus hautes fonctions et ses échecs dans les gouvernements successifs. Magnanime, il se permet aujourd’hui de se plaindre.

A ce stade tout est possible. Surtout le pire. Nous devons nous souvenir du karcher, puis de l’incident mortel de Ziane et Bouna, du mensonge du ministre de l’intérieur sarkosy qui prétendait que ces innocents étaient des voleurs. Un engrenage qui mena aux émeutes de novembre 2005.

L’équipe au pouvoir n’a fait montre d’aucun scrupule. Son chef est l’archétype du traître cynique. L’histoire récente prouve qu’il peut utiliser toutes les ficelles pour garder le pouvoir. La création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale pour draguer en eaux croupies est un exemple marquant. En France, la situation des citoyens ne va très probablement pas s’améliorer. Les contre-réformes mises en place et qui se poursuivent dans la santé, le social, l’éducation vont finir pas faire des ravages pour les foyers déjà en difficulté. Les classes moyennes sortent groggy du conte de fées. Le contexte international va amplifier la dépression. Dans sa main de perdant, il lui reste la carte sécuritaire, la seule et dernière échappatoire. C’est une option qui rallierait la droite à ses  fondamentaux. Avec cette entêtante odeur de fumier pétainiste, il nous resservirait la figure de l’immigré (français de couleur) fauteur de troubles et péril de la Nation. Allumer la mèche est un jeu d’enfants avec une petite phrase ou une bavure. Mâtiné de religion comme il fut fait en 2005, le résultat est assuré. On s’accorde le soutien de l’opinion face au désordre public et on donne carte blanche à la maréchaussée. La danse macabre sur les cendres fumantes ne sera plus alors qu’une formalité. 

Pour les progressistes, le dilemme est pesant. Ils sont condamnés à contempler le désastre d’une politique économique inégalitaire et ruineuse. On sait qu’inexorablement elle aboutira à l’irréparable. Ou souhaiter que la côte de popularité de la vedette des médias remonte et éviter de nouveaux soulèvements dans les banlieues ?

vogelsong – Paris – 29 mai 2008

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Une réflexion sur “Jusqu’où va-t-on dégringoler ?

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