La violence – Le cas Wauquiez

“On comprend bien que si jamais, quand vous tombez malade, ça n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ben le résultat quand même c’est que c’est pas très responsabilisant.” L. Wauquiez le 16 novembre 2011

 C’est toute une galaxie idéologique qui s’emploie à instiller la violence dans les rapports sociaux. Ce qui tient de la pacification et du vivre ensemble doit être battu en brèche. Par tous les moyens possibles. Le faux nez libéral cache une violence inouïe des relations humaines. Une fois tombé, on assiste nu aux attaques brutes du corps social sous toutes ses coutures. En ce sens, les ignominies proférées par L. Wauquiez, préposé à la destruction de ce qui reste de cohésion, s’articulent parfaitement avec la pensée dominante. Chasse au pauvre, éradication du faible, stigmatisation du plus grand nombre, avec pour objectif final, extirper le dernier consentement d’une opinion commune encore un peu rétive à la violence du tout marché.

Christopher Dombres

L. Wauquiez par ses déclarations (faussement) iconoclastes fait la fierté des pourfendeurs de tabous. Un jour il pointe le cancer de l’assistanat, un autre il veut, par l’amputation d’une partie du salaire, responsabiliser le malade. Il ne fait en ce sens que mettre un point d’orgue à toute la violence politique accumulée depuis plus de trente années de libéralisation marchande et qui trouve un fort écho dans les rapports sociaux. De proche en proche sous l’injonction de productivité, de compétitivité, par réflexe quasi pavlovien, le citoyen s’est débarrassé de défenses (sociales) encombrantes pour rentrer peu à peu dans le standard du travailleur nomade post-moderne. Flexible, responsable, compétitif, mais surtout, inquisiteur quant aux fautes de ses congénères.

Là se situe le point clef de la rhétorique libérale de L. Wauquiez. Il titille par ces petites abjections verbales toutes les bassesses emmagasinées au fil des temps. Le grand tour de force de cette (non) politique “sociale” consiste à convaincre que l’autre (et néanmoins semblable) est un fraudeur, un tricheur. Qu’il met en péril par de petites incartades l’équilibre général du système. Pour L. Wauquiez, l’autre peut être “un cancer”.

Nous sommes loin ici de la subversion bienfaitrice dont se targuent les amis de L. Wauquiez. On se situe pleinement dans l’organisation méthodique (et métastasique) de la destruction des solidarités sociales. De la mutation des éléments d’une société civilisée en barbarie clinique et productiviste. Et ce par la mise en concurrence des citoyens entre eux sur des critères sanitaires. Avec, et ce n’est pas la moindre des extravagances, la promesse mensongère de sauvetage du système “à la française”.

Reste le réel, cette peccadille. L’opinion commune sur la maladie et l’assistanat lorsque l’on est soi-même (et compte tenu du contexte cela a de bonnes chances d’arriver) un cancer ou un irresponsable. On se retrouve alors à la limite de la violence. La dernière limite encore bien vivace face à la propagande de l’automutilation assénée par L. Wauquiez et ses condisciples.

Vogelsong – 17 novembre 2011 – Paris

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18 réflexions sur “La violence – Le cas Wauquiez

  1. Mouai, mais bon …. Avant de débuter je dirai, que ce soit bien clair « On comprend bien que si jamais, quand un ministre s’exprime, ses neurones en sommeil; ça n’a aucun impact sur votre journée, ben le résultat quand même c’est que c’est pas très engageant.”

    Bref, je ne partage pas, mais alors pas du tout le propos du ministre.

    MAIS …

    Ca vous arracherait la gueule, d’aller chercher la définition de « libéral » ? …

    Là où le ministre intervient en l’occurrence, c’est tout l’envers du libéralisme, quel qu’en soit l’origine orthodoxe (# classique), et encore moins « social » ( je trempe plutôt dans cette dernière catégorie pour tout dire); c’est, donc, juste encore un peu plus d’interventionnisme stérile.

    Enfin, je ne sais pas …Vous prenez un rat et le traitez de moucheron … Ca reste un rat et vous ne vous débarrasserez pas de lui à coup d’insecticide. Si ? 2002 et 2007 ne vous ont pas suffit ? … On a entendu à chaque fois taper sur l’ultra libéralisme. On nous parle aujourd’hui de neo-libéralisme, et phase ultime, c’est beaucoup moins long à écrire, de « libéralisme » … Et qu’est-ce qu’on obtient ? Du bel interventionnisme bien éclatant, du « volontarisme politique » … Bof, quoi … N’empêche, ce n’est pas à coup de néologisme que vous obtiendrez gain de cause, pas plus que vous ne changerez le monde en maquillant les mots.

    Bonne journée à vous.

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    • C’est toujours la même histoire.

      Il y a autant de libéralismes que de libéraux si j’en crois ces mêmes libéraux.

      Ceci étant dit.

      Je ne vais pas faire l’exégèse de mon propre texte. Noter que chaque fois que le terme libéral est employé il est précédé soit de « faux nez », soit de « rhétorique ».
      Là encore, lire et comprendre.

      Pour le reste, je ne peux rien pour vous.

      Le stalinisme n’était pas le communisme. Les avatars de la révolution friedmanienne n’a rien de libéral. Bref. On tourne en rond.

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  5. Je dis juste que nos gouvernements se réclament de plein de choses (ca va même jusqu’à la Raison), sans avoir même pris le temps de se renseigner. La posture du ministre n’a rien de libérale, pas plus que ne l’est son boss … Le soucis, c’est qu’à force de s’en réclamer à tort et à travers, on finit par entendre partout « Ah ! les méchants libéraux ». Le blogosphère fourmille de « papiers » sur lesquels, au fond, on peut être d’accord avec e qu’on lit (la grèce, les inégalités etc …). Tous ces sujets méritent d’être développés, puisque il est patent que tout ou presque va de travers.

    En l’occurrence, le ministre n’est pas « responsable » (ou raisonnable) quand il dit , c’est limite tendancieux, que si on paie les gens en maladie, ils n’ont pas envie de retourner travailler. On peux juste lui souhaiter de ne pas l’être, malade. J’irai même jusqu’à dire que c’est carrément insultant.

    Mais ca n’a rien a voir avec du libéralisme, puisque il n’est pas libéral. Bien en amont de toute idéologie, c’est juste pas très humain.

    Je sais bien par ailleurs ne pas être forcément en accord avec le promoteur des lieux. Je le remercie néanmoins de m’avoir laissé m’exprimer. Mais si on est déjà en accord sur (ne serait-ce) qu’une chose, autant le dire … :o)

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    • Vous vivez dans le fantasme d’un roman d’Ayn Rand. Interessant d’ailleurs.

      Vous cherchez la pureté. Interessant aussi.

      Pour le sensible et le palpable, c’est une autre affaire. Malheureusement.

      Sinon vos propos sont les bienvenus ici.

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      • Si vous faite référence au postulat du romantisme réaliste, vous n’avez pas tort.

        Si par contre il en est de l’objectivisme de Rand, vous êtes à coté.

        L’un et l’autre sont comme le libéralisme. Jamais tout à fait pareils.

        Merci pour l’accueil. Je reviendrai.

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  6. Malgré le temps qui passe j’arrive encore à être choqué par ce genre de déclaration. C’est triste d’ailleurs, on s’habitue à tout, mais pas à cette déshumanisation décomplexée qui tombe sur le coin de la figure, et qui prend vraiment au dépourvu. Entouré par des gens qui essaye de faire leur vie et leur travail correctement, cette histoire de « fraude sociale », et du citoyen « usual suspect » est profondément écoeurante.

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  7. Merci pour ce billet, qui parle si justement du danger que représente cet olibrius. J’avais fait un billet « dit » marrant là-dessus, mais avec le recul j’ai de moins en moins envie de rire. Et comme tu le dis si bien à la fin de ton article, la seule chose qui me vient face au vomi sorti plusieurs fois de sa bouche en quelques jours en brusques giclées, c’est une colère pire qu’un coup de sang, et même que de la rage, plutôt comme l’aiguillon d’une pure HAINE que je ressens vis-à-vis de cette merde. Car ce type est une merde, rien d’autre.

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