Piratage(s)

avril 22, 2009

Le sécuritaire en sécurité

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 1:54
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Le sécuritaire est le Fort Alamo de la droite. La violence, un fond de commerce. La victime, un client. Il exhale dans ce pays un fumet fétide. Un mélange de vieilles recettes rances, accommodé de technologies de contrôle et de gestion communicationnelle. La décomposition organique du corps social opérée en 2002 atteint le stade fossile ; visqueux, poisseux et nauséabond.

Les fondamentaux
Quand fleurent les postes grassement rémunérés, la machine à faire peur se met en branle. C’est une manie, un tic, une psychopathologie, la droite sort son képi à l’approche de chaque scrutin. Il rappelle à son électorat et aux hésitants que le monde est très dangereux. Et ce, par des démonstrations dont on ne cache plus l’instrumentalisation. Les événements de la gare du Nord à l’orée des présidentielles, la descente de 1 000 policiers à Villiers-Le Bel en février 2008, juste avant les élections municipales. Le scrutin européen approche, les “blacks blocs” saccagent un quartier populaire de Strasbourg lors d’un sommet international. Selon les paroles du président “il n’y a eu aucun dysfonctionnement“. L’aubaine, d’une pierre, coup double. On réinstaure un sentiment d’insécurité pré-insurrectionnel dans un contexte international avant un vote à portée internationale. La magie du hasard.
C’est à Nice, un 21 avril, que N.Sarkozy renoue avec ses antiennes sécuritaires. Il est accueilli par le fidèle pantouflard C.Estrosi, dont le principal fait d’armes n’est pas l’affrètement d’un Falcon 900 pour être à l’heure à un apéritif, mais le dépôt en 1992 un projet de loi pour rétablir la peine capitale. Devant une cohorte d’uniformes rutilants, le chef de l’UMP fustige les bandes, prend courageusement la défense des victimes, vitupère les pacifistes cagoulés dans les manifestations. Rien d’original, si ce n’est un cran de plus dans l’inflation sécuritaire. N.Sarkozy aime tant s’adresser aux tripes de ses concitoyens. Il sait par expérience que c’est un retour immédiat sur investissement.

L’”Alliomarisme”
Crispée dans un tailleur année 60, le* ministre de l’intérieur est au diapason des nouveaux préceptes ultra sécuritaires préconisés par le Parano-Businessman A.Bauer. Sur les tablettes, caméras de surveillances partout, discours monolithique et saturation médiatique. Le ministère de l’Intérieur veut enregistrer tout le monde et sous toutes les coutures. Le nombre de caméras sur la voie publique passera de 20 000 en 2008 à 60 000 à 2009. Aucune étude indépendante sérieuse ne prouve la corrélation entre l’augmentation des dispositifs de filmage du citoyen et la baisse de la criminalité. Le coût de “la protection filmée” s’élève, par exemple, à Marseille à 1 600 000 €**.
M.Alliot-Marie jacasse, puissamment. Un staccato indescriptible qui impose une prouesse de concentration pour qui veut suivre plus de dix minutes. Elle n’est pas adepte du “parler cash”, quintessence de la langue de bois en vigueur au gouvernement. À propos de l’incarcération de J.Coupat, le birbe ministre déclare que “ce ne sont pas les journaux qui rendent la justice“. Ils sont pourtant utiles et conviés lors des arrestations spectaculaires, à Tarnac par exemple. Elle déclare lors de l’interview donnée à France Inter que “les CRS avaient été irréprochables“, niant le “caillassage” filmé des manifestants lors du sommet de l’OTAN. Ardente zélatrice de la vidéo, elle n’aurait pas visionné les fichiers montrant les forces de l’ordre caparaçonnées lancer des pavés sur le manifestant. Elle fait l’impasse sur les violences faites aux personnes qui ont augmenté de 14 %. Et finalement, l’horloge soulage tout le monde. Mensonges froids, reniements tendus, mépris.

La lutte contre l’insécurité est un leurre. Pour la droite, c’est le contrôle de l’ordre social qui motive les mesures politiques. La manœuvre consiste à entretenir l’insécurité pour accentuer la pression sécuritaire. Réduire l’insécurité entraînerait le tarissement de la manne élective. C’est dans ce cloaque gluant et empesté que brasse paisiblement la droite française.

*Elle tient elle-même au masculin, consciente de sa féminité
** Selon la Ligue des droits de l’homme

Vogelsong – 21 avril 2009 – Paris

avril 15, 2009

Diversité versus égalité : les écarts de richesses également répartis

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 10:00
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Dernier en date à faire tinter ses grelots à la cour de l’Élysée, Y.Sabeg est promu nouveau préposé à la diversité et l’égalité des chances. La droite s’offre une respectabilité en ratissant large sur une thématique consensuelle. Après le siphonnage du FN, la chasse aux étrangers, l’identité nationale, le sarkozysme aidé de toutes les naïves bonnes volontés joue les grands airs de la diversité et de l’égalité. À ce petit jeu, les réactionnaires passent les plats aux conservateurs. Les progressistes n’ont pas droit au chapitre.

42-21522243N.Sarkozy, le MEDEF, le PS fondent sur la diversité comme la misère sur les pauvres. Cela n’interloque personne. Tous, unanimes, chantent les louanges d’un nouveau modèle de société débarrassé de ses oripeaux sexistes, “racistes”, culturels et même un peu sociaux. Des fois.
Ce sont pourtant les mêmes qui depuis de longues décennies pratiquent la politique de l’homme vieux et blanc. Les mêmes qui pour remporter les élections récurent les pissotières du Front National, les mêmes qui font du casting “racial” et sexuel une force de vente au service du conservatisme. À intervalle régulier on évoque la prise de conscience, qui permet de gagner du temps jusqu’à la prise de conscience suivante. Mais le plus édifiant est le dévoiement des responsables politiques. Depuis trente ans, ils délaissent le terrain miné du social pour se consacrer à la diversité, bien plus sensuel. Pour la droite, c’est une aubaine. On ripoline la devanture réactionnaire, pour se poser en chantre de l’équité et de la diversité. Pas question de toucher à la répartition des richesses, la péréquation des couleurs de peau et des sexes dans le magma de la pénurie des salaires est bien plus intéressante. Elle permet de contempler un ordre social constellé de disparités. Et de justifier, même, l’aggravation de ses écarts de richesses, à condition bien sûr qu’elles soient égalitairement réparties. On tolère très bien qu’une avocate d’affaires (non blanche serait idoine dans cet exemple) gagne 20 fois plus qu’une infirmière d’un service de pédiatrie génétique. Mais il est insoutenable que l’infirmier gagne 1,1 fois plus que l’infirmière pour le même travail. Et donc 19 fois moins que la reine du barreau citée plus haut. Ce qui est indigne ce n’est pas que l’infirmier gagne 1,1 fois le salaire de sa consoeur (même si), c’est que l’ordre économique, sous couvert d’équité, établisse que s’occuper d’enfants mourants est 20 fois (ou 19) moins gratifiant que réaliser des fusions acquisitions. Mais bien sûr beaucoup plus valorisant.
Les réactionnaires ont un rôle très important dans le dispositif. Repoussoir facilement identifiable, ils abhorrent la différence de couleur de peau, pensent le XXIe siècle comme l’an mil. Chacun à sa place. Le nouveau voiturier du pouvoir, L.Schweitzer délivre une fulgurance lors de l’émission de France Culture du grain à moudre, “on ne convainc pas un raciste“. L’ennemi est donc là, identifié, et tellement grotesque. Le chef de la HALDE rajoute “il faut le combattre impitoyablement“. Aurait-il fallu leur faire des bisous dans le cou ?
En 2005, le gouvernement de D.de Villepin proposa le chantier sur l’égalité professionnelle. Salves d’applaudissements : Comment faire autrement pour échapper au goudron et aux plumes ? Ce même gouvernement mettait en place le contrat première (nouvelle) embauche au même moment. Étourdi par tant de “modernité”, personne ne fait le lien.
C’est pantois que l’on scrute les “progressistes” qui besognent sciemment ou pas pour les conservateurs. Les valeurs défendues, l’énergie dissipée dans les luttes ne sont pas en cause. Mais la portée idéologique et pratique suscite des questions. Dans bien des cas, les combats “progressistes” sont une arme par destination pour conservateurs. C’est un dilemme. On peut être pour une juste répartition des richesses et l’égalité des sexes (par exemple). Mais on livre des munitions idéologiques aux conservateurs pour affirmer et même justifier les inégalités économiques. Avancer dans un sens, faire un grand bond en arrière dans l’autre, W.B.Michaels vitupère : “quand le spectre grimaçant de l’inégalité économique parvient malgré tout à relever la tête la gauche fournit à la droite un système performant pour apprendre à l’aimer“*. L’effet de propagation sur la société est dévastateur. L’intériorisation des inégalités de classes est largement équilibrée par la force symbolique de la diversité. Un vent de progrès souffle alors dans les médias lorsque l’on annonce la remise à niveau de la rétribution (940 000 euros) pour le vainqueur du simple hommes et femmes à Roland Garros. La caissière à temps partiel (650 euros nets), elle, vit sûrement cet instant magique comme un réel progrès. C’est pourtant les éléments de classes et de répartition qui devraient primer. On brade l’égalité économique pour “l’égalité” néolibérale.

Pour la gauche l’abandon est presque total. Les baisses d’impôts, les privatisations, l’intériorisation de la mondialisation débouchent sur un surinvestissement dans la diversité. Ces valeurs sont évidemment estimables, mais le clivage avec la droite s’annonce ardu ; les deux camps sont officiellement sur les mêmes bases. La populaire F.Amara a réussi le mariage parfait en décrochant un maroquin au gouvernement. Après un long travail de sape et stigmatisation, elle est enfin récompensée sur l’autel de la diversité. Elle parle de garçons (surtout), de filles, de violences (surtout),  de banlieues, de responsabilités, mais finalement très peu de classes et de répartition. Selon les canons du Figaro, elle est “moderne”.

La France plébiscite l’indocile R.Yade. Selon les éditorialistes, elle aurait des valeurs de “gauche”. Elle sait surtout ne jamais aller trop loin. Symptôme de cette France conservatrice qui n’autorise les dépassements de limites que jusqu’à un certain seuil. La rebelle s’étonne sur son blog qu’il puisse y avoir des “racistes” dans son parti, l’UMP, une formation libérale et diverse. Comme le Parti socialiste.

Vogelsong – 14 avril 2009 – Paris

avril 8, 2009

Une sorcière, participative

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 9:00
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Avoir raison avant tout le monde, c’est avoir tort ! S.Royal avait raison en 2007. La démocratie participative à l’époque fait figure d’OVNI politique. Raillé par l’intelligentsia, ce concept s’impose deux années plus tard comme le standard des campagnes futures. Trop tôt donc. Et si le phénomène de la politique française, la figure vraiment nouvelle, n’était pas un petit bonhomme égocentrique, dérangé et chef d’une clique de godillots, mais plutôt celle que l’on affuble du sobriquet de “sorcière du Poitou”. Une sorcière, participative. Une sorcière qui avait compris (avant tout le monde) que s’ouvrait un “méta-monde”, celui des citoyens qui participent au débat politique, grâce notamment à l’Internet.

roueS.Royal étonne le monde politique et médiatique lorsqu’elle lance la campagne présidentielle par un leitmotiv ubuesque : la démocratie participative. Ubuesque pour un landerneau frappé d’archaïsme depuis V.Giscard D’ Estaing. En effet pour cette élite médiatique, composé d’A.Duhamel, L.Joffrin, N.Beytout, E.Mougeotte, et bien d’autres, la modernité c’est une campagne médiatique de pilonnage centralisée comme F.Fillon l’orchestrera en 2007. Il déclarait lors du lancement du “sarkoshow” au micro de France Inter “on ne va pas vous laisser souffler”. Et effectivement depuis, c’est l’apnée.
B.Thieulin responsable de la campagne internet de S.Royal l’a bien expliqué. Le problème du participatif n’est pas le concept, mais la pratique. Entre la phase de consultation des militants et participants et celle de la genèse des propositions programmatiques, il ne s’est écoulé qu’une brève période. Un problème de timing et de culture. La candidate n’a pas su rallier un appareil rétif à de nouvelles méthodes de fonctionnement dites participatives. Finalement, ce fut l’inverse, une campagne exclusive vis-à-vis du PS. Il se pose alors le problème de la crédibilité des promesses. La maturation n’a pas lieu, et la campagne file à grande vitesse.
Une vitesse imposée par le candidat de la droite, qui s’est affranchi des contraintes de temps. Tout d’abord parce que les médias sont focalisés sur lui. Il bat le tempo de la politique française depuis cinq ans (dès l’élection de J.Chirac il est candidat). Un microcosme archaïque s’est entiché d’un bonhomme sans scrupule, sans gêne et d’une immense ambition. La fascination du mouvement pour le mouvement, économiquement utile à la presse classique qui a besoin de flots ininterrompus d’actes, de postures, de maladresses. Il s’est aussi affranchi des contraintes par la fausse modernité de sa campagne. Un barnum à l’ancienne dont la seule nouveauté est l’opulence des moyens. Les meetings au décorum grandiloquent, les communiqués de presse en flux tendu, des déplacements opportuns et ciblés pour sonder le péquin. Finalement, c’est tout en verticalité qu’elle s’est déployée. Aux antipodes du concept de participatif.

La question n’est pas de juger de l’efficacité, la citrouille PS est restée citrouille. Mais un basculement a pourtant eu lieu. Imperceptiblement. Foisonnement des réseaux sociaux politiques, émergence des blogs comme vecteurs signifiants d’analyses, microbloging politique. L’approche en réseau, participative est sur les rails. L’élection de B.Obama est aussi passée par là.

Aujourd’hui, la politique participative relève surtout de la fiction. L.Wauquiez*, symptomatique, s’exprime sur le réseau social twitter comme s’il envoyait des dépêches à L’AFP. Un minimum de clairvoyance induit des interactions, de l’écoute. Mais on transpose les vieux réflexes verticaux et centralisés de la communication politique. À l’ancienne. Comme par magie, le nouveau paradigme doit s’adapter. Amusant et ridicule. On se donne “l’air de ” mais on ne bouge pas d’un micron. Cela se comprend, écouter des gens et répondre en adéquation est un comportement totalement étranger aux hiérarques “modernes”. L’abandon de pouvoir n’est pas simple à admettre ni à pratiquer. La démocratie élective telle qu’elle existe aujourd’hui est un blanc-seing. On est élu, on communique, mais surtout on fait ce que l’on veut (car élu). Et ce jusqu’aux échéances suivantes.
Ecouter le peuple ce n’est pourtant pas sorcier.

*Après des débuts grotesques, ses conseillers en communication ont légèrement rectifié le tir laissant croire à un embryon d’écoute et d’interaction.

Vogelsong – 5 avril 2009 – Paris

avril 6, 2009

Seul à droite

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 9:00
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“Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.”
Dominique Galouzeau de Villepin – ONU – 14 février 2003

C’est dans une langue impeccable en 2003 que D.Galouzeau de Villepin incarna pour la dernière fois la France sur la scène internationale. Depuis, l’héritage de C.de Gaulle est dilapidé, en gesticulations ridicules et par un alignement sur l’empire décadent. Archétype parfait de la bourgeoise, dans son habitus, ses manières, l’ancien premier ministre symbolise les valeurs de la droite républicaine française. Seul à faire entendre sa voix dans une formation politique tétanisée. Remarquable par sa candeur, ses erreurs, mais aussi son courage, son panache. Il est un homme de droite, respectable.

loupDans l’exercice du pouvoir comme chef du gouvernement, D.Galouzeau de Villepin montre des lacunes. Il les paie encore. Pourtant, tout commence bien : en exercice de 2005 à 2007, il bénéficie d’emblée d’une très bonne opinion, en particulier grâce à un physique de vieux beau, et une indéniable classe. Il cède à la “peopolisation” lors d’une sortie de bain pectorale. Il inaugure le style flamboyant après l’idiot utile J.P.Rafarin. Il est aussi dans la lignée des hommes politiques cultivés, érudits. Dans la pratique, c’est un digne représentant de la droite conservatrice. Il fait intervenir la maréchaussée face aux syndicalistes de la CGT à Marseille. Il sortira vainqueur de ce bras de fer. L’embrasement des banlieues d’octobre 2005 met aussi D.Galouzeau de Villepin à contribution. Plus de 5 000 véhicules partent en fumée. Là aussi, sécuritaire, il impose un couvre-feu de trois mois. La situation s’apaise, au moins temporairement. La France adore.
C’est le social qui va sceller son destin présidentiel. Outrepassant les mises en garde de son mentor J.Chirac, il s’entête dans la mise en œuvre du CPE (contrat première embauche). Un contrat de travail précaire pour les jeunes. L’opinion se retourne. Au gouvernement, certains dignitaires se font porter pâle et soutiennent en sous-main la contestation. À deux ans des échéances, c’est le bon calcul. Ils assistent goguenards au lent naufrage du premier ministre. Finalement englouti. L’épilogue est ubuesque, le président en personne annonce dans une intervention mémorable la promulgation, mais la non-application du texte. Et la chiraquie ne s’en remettra pas.
Au lieu d’abandonner son poste au très actif ministre de l’Intérieur, D.Galouzeau de Villepin s’accroche au maroquin. Par sens du devoir selon certains, pour préserver la droite française selon d’autres. En sus l’affaire Clearstream dans laquelle il est soupçonné de complot. En 2007, il finit son mandat exténué. Incapable d’honorer son ambition présidentielle. Le flamboyant se transforme en figurant atone de la campagne.

D.Galouzeau de Villepin est énarque, issu de la même promotion que F.Hollande et S.Royal, il ne s’est jamais présenté devant le suffrage universel. Membre de l’UMP, il est le seul qui fait entendre une voix discordante dans la majorité verrouillée post 2007. Il prend ses distances avec les nouvelles pratiques. Lettré, il aborde la politique de manière plus classique. Même s’il est sensible aux apparences, D.Galouzeau de Villepin ne conçoit pas le gouvernement comme un casting de faire-valoir. La sélection de 2007 est une litanie de “bras-cassés”, des Finances (C.Lagarde) à la justice (R.Dati) en passant par l’intérieur (B.Hortefeux-E.Besson), c’est l’incompétence qui préside. On a même inventé des ministères “de témoignage” (M.Hirsch et F.Amara). La droite ne doit pas manquer pas d’hommes de qualité, et dévoués ? Et l’histoire en regorge.
Accompagné de quelques fidèles, il critique ouvertement la gestion déviante du pouvoir. Sur le plan économique, il demande plus de justice dans les décisions et pointe le manque de concertation : “Ce que je crois, c’est qu’à un moment donné, il faut être capable de s’arrêter 24 heures. S’arrêter 24 heures et revoir les politiques, la politique que l’on mène pour se poser la question: “est-ce que c’est la bonne politique ? Est-ce que c’est une politique qui rassemble ou au contraire, c’est une politique qui divise ?“. D.Galouzeau de Villepin est, et reste un homme de droite, conservateur. Pourtant, J.L.Mélénchon lors d’un débat à la maison de l’Amérique latine avait senti chez lui une profonde prise de conscience sur l’état du monde et les miracles la main invisible.
C’est sur le plan institutionnel qu’il prend sa dimension. L’homme a fait ses preuves sur le plan international, domaine réservé du chef de l’état. Tous se souviennent de son discours historique à l’ONU. Le titre II de la constitution de 1958 énonce les prérogatives du président de la République, aujourd’hui pratiquement caduques. Le premier ministre et son gouvernement ont été biffés. On ne lit ça nulle part dans le texte, mais une coutume vieille de deux ans fait loi : le président fait tout, et même plus. Dans ce contexte le parti conservateur n’est que l’ombre de lui-même. Transi d’effroi par peur de la trique, mais maugréant en catimini devant l’affligeant spectacle du pouvoir ; la France a besoin d’un président.

L’UMP règne symboliquement sur le paysage politique, même si les dissensions internes sont bien plus importantes qu’il n’y parait. Ce parti est une clique de barons obséquieux. La politique de pacotille et événementielle y est pour beaucoup. D.Galouzeau de Villepin avec ses raideurs a pourtant la stature, la culture, l’épaisseur d’un homme d’État. D’un leader modéré de formation politique majeure.

La démocratie se nourrit de joutes, de défaites, de déceptions, de victoires. Il y a des adversaires que l’on se plait à rencontrer, à contrer, à battre. Mais aussi le temps d’alternances; reconnaitre leurs victoires, concédant que cela fait partie des règles. Il est des adversaires avec qui c’est un honneur d’être en désaccord, franchement en désaccord. Le panache en politique est une denrée rare en ces temps d’ivresse de pouvoir. Où à gauche comme à droite on capitule face aux appels de la gamelle. À ce jour, D.Galouzeau de Villepin se retrouve au sein de l’UMP comme en mai 1968 à Caracas lorsqu’il fit grève : Seul.

perle

Vogelsong – 2 mars 2009 – Paris

avril 3, 2009

Top 20 – Wikio Avril

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 6:02
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En exclusivité, le tant attendu classement wikio. Les vingt premiers :

1 Partageons mon avis =
2 Sarkofrance =
3 intox2007.info =
4 Marc Vasseur =
5 Bah !? =
6 Le blog de Hypos +1
7 Olympe et le plafond de verre +3
8 Le coucou de Claviers +1
9 Coulisses de Bruxelles
10 Trublyonne voit la vie en rouge -2
11 Les privilégiés parlent aux Français… =
12 Hérésie +7
13 Des Jeunes libres de s’engager -7
14 Authueil =
15 femmes engagées +11
16 Peuples.net =
17 Les coulisses de Sarkofrance +3
18 Expression Libre -5
19 Ma vie en Narcisse -7
20 Rubin Sfadj +1

Classement par Wikio.

Honneurs aux célébrités de la blogosphère.

Vogelsong – 3 avril 2009 – Paris

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