Piratage(s)

juin 25, 2008

La dette : la foutaise comme précepte de communication

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 7:16
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C’est un réflexe aphatique*, chaque fois que l’on aborde le débat sur l’intervention publique, la sécurité sociale, ou la régulation, une gigantesque et calorifique tropézienne sort du frigo : “La dette que nous laisserions à nos enfants” (et son succédané : “l’État en faillite”). 

Les forcenés de l’économisme ont fait une trouvaille percutante. Ces spécialistes autoproclamés transposent leurs névroses sur les marmots. En effet, pour justifier la rigueur budgétaire, ils abusent de cet artifice, c’est-à-dire la ceinture style anorexie en terme de redistribution et d’égalité. Cette méthode de communication s’appuie sur ce qu’il y a de plus précieux pour la plupart de nos concitoyens : leurs bambins. Comme adultes potentiels, nous leurs livrerions par notre incompétente fatuité un compte largement débiteur.

Cette approche simpliste et irritante a l’avantage de parler à tout le monde, en particulier aux citoyens qui voient dans l’utilité de l’impôt ou la solidarité un vague concept ésotérico-économique.

Les mitigeurs d’opinions réduisent la problématique à son état le plus basique. Avec un objectif “réflexif” sommaire et efficace : “Misère ! Nous serions de mauvais parents !”.

Bizarrement, cette approche suppose que l’État est géniteur. Mais à ce niveau de carence, nous ne sommes plus à un non-sens près.

Par une analogie troublante, cette rhétorique trouve un écho dans le monde de l’entreprise. Fréquemment, les responsables usent du terme de “faillite” pour définir la situation financière de la France. Des hommes d’état des plus prestigieux manient cette formule, en particulier F.Fillon. Il reprend ainsi l’approche berlusconienne de l’Etat-entreprise. Les questions du produit commercialisé, du secteur d’activité, de système de management, des objectifs restent évidement en suspens…

L’absurdité élevée au rang de dogme fait oublier que l’État est réputé infini, donc il ne peut virtuellement être liquidé.

Si on admet que le système financier est l’alpha et l’oméga du citoyen contemporain mondialisé, cet automatisme gestionnaire se trouve aussi démystifié.

Tout d’abord, c’est nier l’impact de l’inflation sur la dette et plus généralement sur le crédit.

Ensuite, les grandes institutions financières notent spécifiquement les créditeurs, qu’ils soient états ou firmes. La France est classée AAA (note maximale) pour la sûreté de ses engagements. Une telle évaluation atteste de la probité systémique de la gestion (globale) des fonds publics. Si le pays était mis en redressement économique par d’hypothétiques institutions “méta-nationales”, une immense majorité de la planète l’escorterait au purgatoire des dispendieux. Même “infrasystème”, les balourdises gouvernementales** atteignent leurs limites.

De plus, en évaluant les actifs de l’Etat, cette dette “philosophale” mute en cagnotte. Et plutôt tintante, elle s’élèverait à plus de 10 000 euros par chérubin.

Une élémentaire discrétion sur la situation patrimoniale de l’État est donc de rigueur. De là à ce que les nécessiteux exigent leur dû…

C’est donc sur ces hypothèses que les fervents adorateurs de la “gouvernance gestionnaire” instillent la contrainte budgétaire. L’idée n’est pas de promouvoir la gabegie ou de nier la nécessaire optimisation des ressources. Mais l’économisme ne prêche plus que par l’économi(qu)e. Les questions de financements, participations, redéploiements socialement équitables sont par principe remplacées par l’obligation d’austérité généralisée.

 

*trouvaille géniale de François-Mitterrand-2008, qu’il faut démocratiser

**qu’ils soient conservateurs ou (malheureusement) progressistes

 

vogelsong – 25 juin 2008 – Paris

juin 23, 2008

Benoît Hamon face aux bloggeurs à l’Assemblée Nationale

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 10:04
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A l’assemblée nationale le 20 juin 2008, B.Hamon délégué national du Parti Socialiste, reçoit des bloggeurs. Cet échange a lieu dans un bureau vieillot et compassé à l’étage du “château”. Le bonhomme est souriant et prodigue des salutations franches à chaque participant : Valerio Motta l’organisateur, Le dandy démocrate L.Mandret, Martin P., Abadinte, Jonathan Debauve, Fabien-Pierre Nicolas, Richard Ying

Sur les starting-blocks, il a visiblement hâte d’en découdre.

 

L’Europe

Les premiers traits seront européens. D’abord, l’Irlande et son “no”. Le député européen “noniste” silencieux en 2005, prend position contre un nouveau referendum sur le traité de Lisbonne. (Qu’aurait on dit si H.Chavez avait fait revoter son referendum perdu ?). L’argumentaire et l’analyse de l’Union sont ceux déployés par les partisans d’une Europe plus sociale et plus proche des peuples. Il glisse rapidement sur la possible interprétation de ce refus, spécifiant seulement que ce sont les oubliés du système (classes populaires) qui renâclent. Par digressions, nous visiterons les thèmes habituels de l’”Eurocratie” : en particulier l’inanité de l’approche uniquement financière et économique, son dogmatisme libéral, et le peu de foi qu’accordent les technocrates aux peuples (citant B.Constant et F.Guizot). Comme dysfonctionnement patent, il pointe avec justesse les prédations fiscales et sociales au sein (et en dehors) de l’Union. Par exemple, un sans-papier sur un chantier de la région parisienne (1 400 euros) est concurrencé par un intracommunautaire polonais (700 euros).

Son diagnostic est lapidaire : à 30 plus rien n’est possible. Il faut retrouver des marges de manœuvre hors du pacte de stabilité et se recentrer sur des groupes de pays volontaires.

Preuve que les briefings qui précèdent les interviews trouvent leurs limites, la “directive retour” sera ensuite abordée.

B.Hamon est opposé à ce dispositif tout en admettant la primauté du vote démocratique à Strasbourg. Ces dispositions sont liberticides. Elles forment les nouveaux repères dans le domaine des durées de détention et de la possibilité d’expulsion d’un mineur isolé. Paradoxalement, les zélateurs de l’Union se gargarisent de l’inclusion de la charte des Droits de l’Homme dans les textes officiels, et parallèlement nous votons “la directive de la honte” (selon la Ligue des droits de l’Homme). La doxa libérale de l’Union impose la libre circulation des capitaux tout en érigeant des murs toujours plus hauts pour les personnes. Evo Moralès le président bolivien, dans une récente allocution, qualifiait l’Europe de phare des Droits de l’Homme. Pour B.Hamon, il est éteint depuis des lustres.

 

L’organisation territoriale

Ensuite nous aborderons l’organisation territoriale de l’hexagone, du pouvoir des régions et des propositions de réorganisations. La décentralisation a-t-elle permis une égalité de droits ?

A certains égards, elle serait un facteur d’inégalités. La solidarité entre les territoires passe (entre autres) par la péréquation des taxes professionnelles. En effet, les villes les mieux dotées devraient participer au dynamisme de celles qui disposent de peu d’activités. Néanmoins, dans l’approche des problèmes nationaux, la démagogie veut que l’on emploie de manière très redondante l’expression : “La proximité c’est tout !”.

Pour simplifier le système administratif des territoires français il est urgent de faire l’inventaire de l’existant, mais un début prometteur est la suppression des départements.

 

L’approche “entrepreneuriale” au sein du Parti Socialiste

La question du gisement de voix au sein de l’entreprise est évoquée. Le parti socialiste ne serait pas en mesure de parler correctement au secteur privé (patrons et salariés) ? La question du recrutement des dirigeants au sein du parti constitue une entrave à l’ouverture à plus de diversité.

C’est avec précaution que ce problème doit être abordé, les problématiques sont différentes selon la taille et la situation des entreprises, l’approche systémique dans ce cadre est à prendre avec circonspection. Les questions de gouvernances, terme fourre-tout pour dire n’importe quoi (sauf démocratie) ne seront que rapidement survolées.

La structure sociale du parti socialiste où les fonctionnaires sont très représentés n’a rien de problématique, ni d’insurmontable. Il ne doit pas être seulement un parti de fonctionnaires, mais une base électorale de professeurs, d’infirmières n’a rien de honteux. Sur ces fondements, l’ouverture au reste de la société est un objectif.

La réduction du temps de travail reste un point épineux. Il faut accepter l’”autocritique”, mais surtout défendre ce dont le parti socialiste fut promoteur. L.Parisot dut avoir un énorme sifflement aux tympans lors de la proposition d’”aggravation” des congés payés à 6 semaines par an. La patronne du MEDEF émettra sûrement des couinements de souffrance à l’évocation de cette possibilité. Pour le “gauchiste”* B.Hamon, c’est une manière lisible et symbolique de diminuer la durée du travail.

 

La situation sociale et le Parti socialiste

Pour B.Hamon la situation est très délicate : compte tenu des réformes programmées par le gouvernement, la puissance publique sera affaiblie pour faire face aux crises futures.

Le constat est amer. Le centre de gravité des problématiques au sein du parti s’est déplacé. Les socialistes sont plus prompts à s’exposer sur des sujets consensuels comme par exemple le mariage homosexuel plutôt que la défense de la réduction du temps de travail. Un signe des temps.

L’échec des contestations tient au fait que jusqu’à présent le gouvernement réussit à disperser les oppositions. Les mouvements de mécontentements sporadiques ne cristallisent pas en une véritable force capable de peser. Compte tenu des sombres perspectives économiques, les risques de fortes convulsions sont probables. Jusqu’à quel niveau, pour quel résultat ?

Bien que certains (au sein du PS) puissent se réjouir du sale boulot fait par F.Fillon, il n’y a (malheureusement) aucun calcul stratégique pour une victoire par saturation en 2010. La situation de désorganisation actuelle ne permet pas au parti de se projeter à plus de six mois.

Dans l’état actuel des choses, les propos du premier ministre, babillant que la droite a gagné idéologiquement, ne sont pas contestables.

 

Prises de position

Par delà l’hallucinante proposition sur les six semaines de congés payés, B.Hamon se prononce pour l’abandon du scrutin présidentiel au suffrage universel, dont l’objectif est l’élection d’un Bonaparte. Une franche réussite en 2007.

Dans son approche politique, la primauté de l’Égalité l’emporte sur celle de Liberté. Avant toute émancipation individuelle, les conditions matérielles de celle-ci sont pré-requises. L’évocation du RMIste ou du retraité pauvre au cœur de la Creuse peut facilement illustrer cette position. En effet comment penser à son épanouissement personnel alors que les besoins élémentaires ne sont pas garantis ? B.Hamon se rapproche des positions de S.Royal sur ce sujet.

 

Limites du procédé

Le protagoniste principal se livre sans langue de bois à l’exercice, même s’il connaît l’impact limité de ce type de “happening”. Nous sommes loin de la force de frappe d’un 20 heures de L.Ferrari.

Dans le cadre temporel alloué, les intervieweurs devraient intervenir fréquemment, demander des précisions, relancer B.Hamon qui a parlé 95% du temps dans un environnement très (trop) attentif.

Les termes du débat se sont concentrés sur des sujets politiques très communs. Un média “ordinaire” aurait pu traiter ces thèmes. Finalement, aucune approche originale n’émerge et B.Hamon avec beaucoup de tact indique certains sujets sensibles à développer comme par exemple les nouvelles problématiques d’internet.

Il est intéressant de constater le décalage entre une situation d’interview exceptionnelle (bloggeur versus homme politique) où les bloggeurs** abordent essentiellement des sujets traités par les médias ordinaires. Il est impératif de trouver un angle spécifique à ce type d’entrevue pour en extraire une approche originale, rafraîchissant le format habituel de l’éditorialiste barbon servant une soupe douceâtre à l’auditoire et au locuteur.

 

 

* Souvent et à tort, taxé d’archaïque marxiste

** ces bémols s’appliquent à tous les bloggeurs mais au premier chef à celui qui écrit ces lignes 

 

vogelsong – Paris – 21 juin 2008

juin 15, 2008

Les génies et les voleurs

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 6:05
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Un concept génial serait d’apprécier le poids des prélèvements en tenant compte des sommes reversées comme le suggère P.Larrouturou. Mais ce n’est (bien sûr) pas l’approche des margoulins qui dilapident un bien commun et vital : Les services publics, le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

 

Le ministre du déficit E. “Pipeline” Woerth explique doctement que les dépenses publiques sont trop importantes et peu efficaces. Il vend avec “pédagogie”, les 166 mesures d’austérité pour éponger la bévue originelle du paquet fiscal (10-15 milliards d’euros). Jamais le mot “rigueur” n’est prononcé. C’est un terme banni des caïds de l’UMP. On est plutôt adepte de la “réforme”, de la “modernisation”, de la “liberté”. La cohérence et l’enchaînement des mesures sont limpides. Si certains pensent que le gouvernement tâtonne, improvise ; ils se trompent lourdement. La méthode fait ses preuves depuis le milieu des années 80. On assèche les ressources. Ensuite, ébahi, contrit mais résolu, l’élagage des financements s’engage sans résistance, car “on ne peut pas faire autrement” (TINA). Tout y passe, santé, éducation, transport, emploi. Contrairement à ce qu’affirment les zélateurs UMP, il ne s’agit pas de mesures “pragmatiques” ou de “bon sens”, mais bien d’une approche idéologique d’orthodoxie néo-classique.

Nous le savons, les crises qui s’annoncent n’épargneront pas l’Europe. Pour les surmonter, nos gouvernants, au lieu de pérenniser les secteurs cruciaux qui font le tissu et le lien social, sacrifient à l’encan ce qui sera nos dernières richesses communes, nos derniers points de replis. C’est suicidaire.

 

Saturation des défenses :

La liquidation des services publics ne date pas d’aujourd’hui, mais durant le mois d’avril 2008 a lieu un épisode frénétique et révélateur des objectifs de n.sarkozy. En effet, pendant quinze jours, les membres du gouvernement “thermomètres” à la main, multiplient les déclarations sur des coupes sombres dans les budgets sociaux. Christophe Barbier et ses camarades gribouilleront des tonnes de papiers sur les couacs, ratages, les bisbilles au sein de l’exécutif. L’essentiel est ailleurs. La tactique est simple, éculée : Tester l’opinion, la résoudre.

C’est une séquence sans précédent, le lundi déremboursement de l’optique, le mardi la carte famille nombreuse, le mercredi réductions des effectifs de professeurs, jeudi les allocations de rentrée scolaire, fermetures d’hôpitaux. Chaque jour accouche d’un démenti des affirmations du jour précédent. Les critiques s’organisent mais dès que l’on tient la faille, une cause d’iniquité flagrante ou d’un sujet de discussion de fond, une nouvelle mesure est annoncée. Elle balaye l’ancienne, les professionnels de l’optique passent la main, on parle des familles, de la SNCF, puis vient le tour des fainéants professeurs. Amarrée à ce brouhaha, il y a les mesures phares, l’équarrissage du service hospitalier et des personnels d’éducation (accompagné d’un service dit “minimum” de garderie), qui ne seront pas démentie. En termes militaires, on sature les défenses pour passer. Et jusqu’à présent ça passe.

 

Les économies

“Cela coûte trop cher, il faut faire des économies”. Cette inlassable antienne sur “la dette laissée à nos enfants” devrait être fiscalisée chaque fois qu’un politicien ou un éditorialiste* aux ordres l’énonce. Elle permettrait à brève échéance de renflouer les caisses de retraites. La vérité est différente. Si nous évaluons les actifs de l’état français**, nous laisserions, non pas des dettes, mais un capital de plus de 10 000 euros à chacun de nos enfants.

Cas d’école : “Il y a trop de professeurs ! (Oui, (mon bon) monsieur !)” La moyenne en France s’établit à 11,9 élèves par classe selon le très élastique J.C.Lagarde. Il reprend vaillamment les allégations du ministre X.Darcos. Pas une seconde, il ne se pose la question de savoir si ce qu’il dit n’est pas une colossale ânerie. Pour cela répétons la phrase lentement et plusieurs fois si nécessaire : “En France, aujourd’hui, y a-t-il 12 élèves par classe ?” On exhume deux chiffres, on divise, on oublie la réalité, on fait des économies. Est-ce bien sérieux ?

Un service public pour l’UMP c’est un service rentable mais pas utile. Ce qui fait foi, c’est la gestion des coûts, jamais le financement.

Sur le plan sanitaire, la fermeture d’hôpitaux répond à une logique essentiellement organisationnelle, telles qu’elles se pratiquent chez les professionnels de la logistique. La même logique est appliquée à la justice pour la nouvelle carte judiciaire. On regroupe les entrepôts, on baisse les coûts de stockage et de maintenance. Les grands perdants de cette histoire sont les citoyens malades. Concernant les soins, prétendre les responsabiliser avec les franchises médicales est une inanité, on ne décide jamais de la maladie que l’on va avoir, ni du moment où elle frappera.

Un service public doit être accessible, fournir des prestations de qualité pour toute la population sans aucune discrimination. Ces principes simples sont oblitérés par les jocrisses de l’UMP.

Ces “décideurs” scolarisent certainement leurs enfants chez les jésuites, ou ôtent leurs polypes à l’hôpital américain de Neuilly. Une certaine logique donc.

 

Perspectives

P.Larrouturou développe l’idée de prélèvements nets dans un article très peu utilisé par les animaux du Parti Socialiste. C’est un concept simple que tout “libéral”, même E.”pipeline” Woerth, pourra comprendre : Ces prélèvements nets sont le volume de l’impôt et des cotisations sociales versées mais diminuées des prestations sociales reçues. En d’autres termes on réintègre les services collectifs rendus par les prélèvements. En 2004, les prélèvements nets de la France étaient de 14%, de 18% pour l’Allemagne et de 11% pour les USA (source OCDE/Urgence sociale). Aujourd’hui, aux USA, 47 millions de personnes qui n’ont aucune couverture maladie. Des ONG sillonnent le pays pour soigner les démunis dans des gymnases combles. Ce n’est pas (encore) le cas de la France et de l’Allemagne. Mais à ce rythme ?

Il serait normal pour les opposants constructifs (par exemple le PS) de relativiser les chiffres “pharaoniques” du trésorier de l’UMP afin d’éviter l’irréparable. Il ne parle que du poids “énorme” des prélèvements sans évoquer leurs contributions. C’est un comportement fictionnel, qui ne rend pas compte de la réalité.

 

Gouverner c’est prévoir (?)

Beaucoup d’économistes (quelle que soit leurs sensibilités) pensent que nous entrons dans une période de récession et de crises sans précédent. Le mélange est détonnant : Folie financière non sanctionnée, dilapidation inconséquente des ressources, crise démographique et (donc ?) alimentaire. Pour faire face à ces périodes incertaines, en France, grâce aux doctrinaires de L’UMP, nous aurons, après les contre-réformes de l’ère sarkozy, stérilisé les secteurs communs de la santé et de l’éducation. Et livré “au chacun pour soi” les aspects fondamentaux de ce qui fait une société. A l’heure où les pansus pourront maigrir, qu’arrivera t-il au plus exposés ?


*C’est devenu le sport favori du sarkoziste J.M.Apathie

** Dont la fiabilité est notée AAA par les institutions financières internationales

 

vogelsong – Paris – 20 Mai 2008

juin 12, 2008

Être chômeur, l’anathème de L.Wauquiez

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 8:12
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Si la langue de bois était un sport olympique, France Inter serait sans doute le terrain d’entraînement préféré des Bleus de l’UMP. On avait assisté hier, médusés, à l’extraordinaire performance de X.Bertrand, qu’on voyait déjà en haut de l’affiche à Pékin ou ailleurs. Las, ce matin, le jeune prodige L.Wauquiez vient de renvoyer le néo-secrétaire général adjoint à ses chères études après une démonstration de langue de bois qui ne saurait déplaire aux brebis égarées du Modem : le style “curé”. Tout en commisération, Père Laurent nous impose son homélie pour soutenir une loi d’inquisition, en psalmodiant qu’il s’agit d’un contrat entre le chômeur et l’institution.

Ce sous-ministre n’est pas un méchant, il fait seulement des efforts louables pour “limiter-les-abus et faire en sorte que le-chômeur-ne-s’installe-pas-dans-l’assistanat”. Le ton est concerné, l’écoute attentive, ce jeune loup de la droite extrême tient son rôle de confident à merveille. Selon ses dires, il “passe un deal” équitable avec le demandeur d’emploi. Il se résume ainsi : soit l’indolent accepte un boulot quel que soit le secteur d’activité à 85 % de son salaire antérieur, soit il est radié. Honnête quoi ! L’administration dans sa généreuse bonté, tolère deux abjurations aux récalcitrants.

Ensuite, nous apprenons, ébahis, de la bouche même du vicaire, que ce dispositif est déployé pour convertir à la besogne 5 % des brebis égarées, cheptel considéré comme fraudeurs (comprendre feignants). Le gouvernement édifie une loi coercitive qui potentiellement touche 20 millions de travailleurs, pour traiter le fourvoiement de 75 000 impies. C’est comme chasser la mouche à la Claymore. Si par un très improbable hasard dû à des facteurs mondiaux une “apocalypse” économique touchait la France, que le chômage touchait une partie importante de la population, quelles seraient les conséquences de cette nouvelle doctrine ?

Selon l’INSEE, aujourd’hui l’officine statistique de l’UMP*, le chômage est au plus bas depuis Mathusalem. L’Elysée déclame qu’il serait en voie d’extinction. Et pourtant, on développe un arsenal très astreignant. On mentirait sur la réalité du phénomène ou on se trompe simplement de politique ?

Parallèlement à cette catéchèse de contrôle, aucune ressource n’est prévue pour le suivi individualisé des chômeurs. Pour l’alguazil Wauquiez, l’objectif est clair : faire baisser les quantités, quelle que soit la qualité. En effet, il est dorénavant admis qu’une assistante maternelle ne peut plus refuser un emploi de caissière ou de télémarketing. La soumission à un revenu inférieur n’est pas une disposition pragmatique, mais bien un commandement du dogme de la doxa libérale. Consentir à moins de pouvoir d’achat, loin de chez soi, sera le nouvel ordre du travailleur occidental globalisé. Et on prépare le pèlerin à marche forcée.

De plus, en pleine crise pétrolière, un cénacle impose aux citoyens d’aller trimer à 30 kilomètres de chez lui sous peine d’excommunication. C’est une mesure qui tombe à point pour montrer son volontarisme écologique et faire baisser les dépenses énergétiques. Sacrilèges, où est J.L.Borloo et son Grenelle ?

De plus, l’abbé Wauquiez, prosélyte de l’ascétisme nous confesse qu’il ne faut pas trop augmenter le SMIC (même si l’inflation se dirige doucement vers 4 %), car cela risquerait d’augmenter le nombre de smicards. Diable !

Dans sa guerre de classe, l’épiscopat UMPiste se lance maintenant dans une croisade contre les chômeurs. Quitte à stigmatiser une population qui n’en avait pas besoin.

Amen.

*Tous les trimestres, l’INSEE annonce la hausse effective du pouvoir d’achat

juin 10, 2008

X.Bertrand, condescendance vulgaire et non-sens

Classé dans : Politique — Vogelsong @ 8:42
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Nous sommes des idiots. C’est évident. A en juger par le ton employé par le Ministre du travail X.Bertrand, nous ne sommes qu’une bande de nigauds. Ils sont plusieurs à l’UMP à s’adresser aux citoyens comme s’ils étaient débiles ; on peut citer, L.Chatel, R.Karoutchi, F.Lefebvre, F.Copé… Ce ton, c’est celui du “pédago-crétin”, celui que l’on utilise pour signifier à l’autre qu’il est ignare, que le locuteur sait, et qu’il va s’occuper de tout.

 

Et il s’occupe de tout, X.Bertrand. En particulier de la durée hebdomadaire du travail. Durant la matinale de France Inter, le journaliste N.Demorand, pas réputé pour sa pugnacité*, a réitéré de nombreuses fois la même simple question sur la durée du temps de travail, le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le ministre du labeur, c’est la langue de chêne massif. Il nous annonce tout douillettement avec ce ton que l’on sert à des enfants inattentifs, que la durée légale du travail est 35 heures, et pour permettre aux salariés de choisir, il assouplira cette durée légale. Vertigineux. Du même tonneau, un journaliste lui rétorque que la limite européenne est établie à 48 heures hebdomadaires et sera de fait le nouveau plafond. Il répond placidement que la France “c’est 35 heures” mais qu’il faut assouplir, donner plus de liberté en permettant à chaque entreprise de négocier la durée hebdomadaire du travail. La bande, inexorable, tourne en boucle.

Pendant trente minutes, il nous servira son empathie crasse derrière laquelle on voit clairement poindre le “training-com”, ces techniques utiles pour vendre des cuisines, des balais à chiottes mais aussi la contre-réforme sociale. 

Il se permet dans la même démonstration mielleuse, d’énoncer le fait que les 35 heures touchent moins de la moitié des salariés, mais en même temps l’immense catastrophe qu’elles représentent pour la croissance française**. Il est d’une urgente nécessité de les assouplir sous peine de mort économique. Devant quelques questions précises de journalistes et d’auditeurs, X.Bertrand émet des sons qui rappellent étrangement une berceuse mais qui n’ont absolument aucun sens pour le citoyen.

vogelsong – Paris- 10 juin 2008

 

 

*Il laissa n.sarkosy le 5 mai 2007 affirmer que mai 68 ne fut pas un mouvement de travailleurs, sans jamais lui rappeler qu’il y eut 10 millions de grévistes

**Les statistiques européennes (OCDE) montrent que les français ne travaillent pas moins que les autres

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